Le rapporteur spécial des Nations-Unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association, Clément Nyaletsossi Voule, a rendu publique ce mardi 26 septembre une déclaration à l’issue de sa visite de dix jours en Algérie.
«Une attention urgente doit être accordée à la situation actuelle de restrictions légales et de poursuites judiciaires à l’encontre d’individus et d’associations en Algérie», a déclaré l’expert des Nations Unies qui a également animé ce mardi une conférence de presse à la maison des Nations-Unis, à Alger.
«Le gouvernement doit assouplir les restrictions strictes imposées aux rassemblements et aux associations afin de mettre les lois et les pratiques en conformité avec la Constitution nationale et le droit international relatif aux droits humains», a-t-il ajouté.
La visite de Voule a eu lieu dans le cadre des réformes en cours pour mettre la législation en conformité avec la Constitution de 2020 et les aspirations des manifestations du hirak, selon le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDC).
«Les manifestants du hirak ont fait preuve d’un esprit civique remarquable, donnant l’exemple au monde sur la conduite de manifestations pacifiques», a indiqué M. Voule, tout en soulignant la réponse largement «mesurée» et «professionnelle» de la police nationale pendant le hirak.
Le rapporteur des Nations-Unies a, en outre, estimé que le gouvernement «doit maintenant s’attaquer au climat de peur provoqué par une série d’inculpations pénales à l’encontre d’individus, d’associations, de syndicats et de partis politiques en vertu de lois excessivement restrictives, y compris une loi antiterroriste contraire aux obligations internationales de l’Algérie en matière de droits humains».
«(…) J’exhorte le gouvernement à abandonner les poursuites et à gracier les personnes condamnées pour leur implication dans le hirak. Cela traduira également la reconnaissance du hirak comme un tournant dans l’engagement de l’Algérie à aller de l’avant», a-t-il soutenu.
M. Voule a aussi déclaré que bien qu’il ait «pu constater les efforts entrepris pour améliorer la situation économique de la population, l’Algérie a encore du mal à créer un espace pour la société civile».
Il a, en ce sens, réitéré qu’un espace civique qui inclut également les voix critiques «est essentiel pour améliorer la gouvernance et l’élaboration des politiques publiques, et pour construire une démocratie participative durable et inclusive».
«(…) L’Algérie doit garantir, en droit et en pratique, les droits de sa population de se réunir et de s’associer librement, d’échanger des points de vue et des idées et de défendre des intérêts spécifiques, y compris en collaboration avec des partenaires à l’intérieur et à l’extérieur du pays», a-t-il conclu. Il est utile de savoir que le Rapporteur spécial de l’ONU présentera un rapport complet sur sa visite en Algérie au Conseil des droits de l’homme en juin 2024.