Devant la dégradation de la situation dans la bande de Ghaza, qui subit les bombardements israéliens depuis le 7 octobre 2023, les journalistes palestiniens, qui ont perdu 24 des leurs depuis le début de la guerre, se mobilisent.
À travers leur syndicat, ils viennent de saisir le Parlement européen sur la condition d’exercice des journalistes. « Dans cette situation, la vie des journalistes est en jeu. La liberté de la presse également », a écrit le Syndicat dans une lettre aux parlementaires européens.
Le Syndicat des journalistes palestiniens (SJP) exhorte le Parlement européen à se prononcer contre les meurtres des journalistes à Ghaza. « À l’heure qu’il est, trois semaines après le début de la guerre, 24 journalistes (dont 3 femmes) ont été tués par les tirs d’artillerie et les frappes aériennes. Certains d’entre eux ont été tués aux côtés de leurs familles et enfants. Deux journalistes manquent toujours à l’appel et sont peut être détenus par les forces israéliennes. Des dizaines d’autres journalistes ont été blessés, alors qu’ils faisaient leur métier. Les locaux de plus d’une cinquantaine de médias ont été détruits », témoigne le SJP.
Soulignant que seuls les journalistes palestiniens couvrent la guerre depuis Ghaza (la presse internationale n’est pas autorisée à y entrer par Israël), et donc les seules voix en capacité d’informer sur ce qui s’y passe, le SJP affirme, s’adressant des parlementaires européens, que « ces journalistes ont besoin de votre soutien et de votre protection ».
Le SJP a , poursuivant, témoigné des conditions d’exercice du métier, révélant que les journalistes passent leur temps à chercher un abri pour leurs familles ou à leur trouver de quoi manger et boire et, comble de malheur, ils n’ont pas d’internet ni d’électricité pour faire leur travail.
« Nous vous exhortons d’exiger en urgence la protection des journalistes pour que la liberté de la presse soit respectée, comme vous l’avez adopté, le 11 juillet 2023, dans votre rapport d’initiative protection des journalistes à travers le monde et politique de l’union européenne sur le sujet. Nous le répétons, la liberté de la presse ainsi que le droit des citoyens à recevoir des informations vitales sont en jeu », souligne le Syndicat.
Et d’ajouter : « Ces énormes pertes humaines peuvent seulement être interprétées comme une tentative délibérée de faire taire la voix de la presse et d’effacer la vérité, afin de dissimuler les preuves des crimes de guerre perpétrés par Israël contre les palestiniens à Ghaza ».