L’extrême droite française incarnée, dans la course en cours au palais de l’Elysée, par Marine Le Pen (le Rassemblement national) et Eric Zemmour (Reconquete) et, à un degré moindre, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), consolide, voire même améliore sa position sur l’échiquier politique de l’Hexagone.
Outre la performance notable de Marine Le Pen qui se qualifie pour la seconde fois consécutive pour le 2e tour de l’élection présidentielle (2017 et 2022), le positionnement (4e place), pour un premier essai, d’Eric Zemmour atteste de l’élargissement de son assise électorale. On peut même dire qu’elle n’a jamais été aussi proche d’accéder au pouvoir. Si proche d’ailleurs que les sondages ne créditent pas une victoire écrasante de Macron le 24 avril prochain.
L’institut IPSOS-Steria, qui a réalisé un sondage pout France télévision, Radio France, Le Parisien et la chaîne parlementaire, crédite le président sortant de 54 % des votes, contre 46% pour son adversaire. Si la prédiction se confirme, et il n’ y a pas de raison pour qu’elle ne le soit pas, l’écart ne serait donc pas aussi important qu’en 2017. (Emmanuel Macaron avait été élu avec 66,1% des suffrages, contre 33,9% pour Marine Le Pen).
Ce ne serait pas une surprise, en effet, puisque la candidate du rassemblement national est déjà assurer du concours de l’électorat du candidat de la Reconquête, un vivier de pas moins 2 millions 500 mille voix. La consigne de vote donnée par Zemmour est d’autant plus significative que l’électorat d’extrême droite est d’habitude plus discipliné que celui de la gauche. Du fait aussi qu’à gauche, et c’est le cas de Jean Luc Mélenchon, le soutien à Macron ne va pas de soi.
Le candidat de la France insoumise s’est contenté, au soir du premier tour de la présidentielle où il est arrivée 4e de cordée (21,95%), ratant de peu une qualification au second tour, d’appeler ses électeurs à ne pas voter Marine Le Pen. Ce qui n’est pas, il est clair, un appel à voter Macron.