Le parquet du tribunal criminel spécialisé de Constantine a requis une peine de 10 ans de prison ferme, assortie d’une amende de un (01) million de dinars, contre Amira Bouraoui, jugée par contumace, ce mardi 31 octobre 2023, dans une affaire de « sortie clandestine » du territoire national au début du mois de février 2023, alors qu’elle était frappée d’une interdiction de sortie du territoire national (ISTN). Le parquet a renouvelé le mandat d’arrêt international à son encontre.
Militante politique, Amira Bouraoui, a acquis une notoriété publique en 2014 avec le mouvement « Barakat » qui s’opposait au quatrième mandant du président Bouteflika. Elle s’était également impliquée dans le « Hirak » en 2019. Ses écrits, notamment sur les réseaux sociaux, lui ont valu des déboires judiciaires et même de l’emprisonnement.
Au début du mois de février, elle a réussi à quitter clandestinement le territoire algérien, depuis le poste frontalier d’Oum Tboul, pour se rendre en Tunisie. Selon l’arrêt de renvoi, pour passer la frontière, elle a utilisé le passeport de sa mère, également citée dans l’affaire. Arrivée en Tunisie, elle a été arrêtée par les services de sécurité tunisiens. C’était le 3 février 2023. Elle a risqué l’extradition vers l’Algérie, mais étant binationale, elle a été exfiltrée vers la France le 6 février 2023.
L’affaire a dés lors pris des proportions politiques. Les autorités algériennes ont très mal pris l’intervention de la France pour éviter l’extradition d’Amira Bouraoui vers l’Algérie. A compter du 8 février, des arrestations ont été opérés parmi de présumés complices de l’évasion d’Amira Bouraoui. Outre la mère, les gendarmes ont interpellé le journaliste Mustapha Bendjama, l’agent de la PAF qui était de service au moment de la sortie d’Amira Bouraoui, un cousin à cette dernière et le chauffeur de taxi qui l’a transporté d’Annaba jusqu’à Tunis.
Dans son réquisitoire, le procureur prés le tribunal criminel spécialisé de Constantine a demande une peine de 5 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 500 000 dinars. Pour le reste des accusés, le parquet a requis 3 ans de prison ferme et une amende de 300 000 dinars. Dans leurs plaidoirie, les avocats de la défense ont relevé la sévérité du réquisitoire, laquelle est due, ont-ils insisté, au fait que l’affaire soit politisée à outrance.