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Yémen : les Houthis resserre l’étau sur le pétrole


Les Houthis ont atteint les abords de Bab el-Mandeb. Après s’être emparés du port de Mokha, le 10 septembre, ils ont pris pied sur l’île de Mayun, aussi appelée Perim, située au centre du détroit, et revendiqué des positions sur les îles Hanish. Cette progression leur offre un levier militaire sur l’une des principales routes maritimes reliant la mer Rouge au golfe d’Aden, même si elle ne signifie pas encore un contrôle total du passage.

La contre-offensive du gouvernement yéménite reconnu internationalement, soutenu par Riyad, se poursuit à Taëz, Hodeïda, Marib et al-Jawf. L’Arabie saoudite a mené de nouvelles frappes au Yémen, tandis que les Houthis ont attaqué plusieurs villes et installations énergétiques du sud saoudien. Riyad affirme que ces attaques ont fait 73 blessés.

Le prince Mohammed ben Salmane a reçu lundi le chef du CENTCOM américain pour discuter du soutien militaire des États-Unis. Dans le même temps, près de 94 000 personnes ont été déplacées au Yémen depuis le début du mois, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

La nouvelle escalade a commencé début juillet avec la reprise des vols iraniens vers Sanaa. Le 13 juillet, Riyad a frappé la piste de l’aéroport de la capitale pour empêcher l’atterrissage d’un appareil. Les Houthis ont riposté en visant l’aéroport d’Abha. Le 20 juillet, ils ont annoncé un blocus maritime des navires saoudiens. Les combats se sont ensuite étendus à Taëz et Mokha. ACLED a recensé 276 morts entre le 3 et le 7 septembre.

Trois voies d’acheminement menacées

Le risque énergétique s’est accru avec la fermeture de l’oléoduc saoudien Est-Ouest, endommagé par une attaque de drones attribuée à des milices pro-iraniennes en Irak. Sa remise en service pourrait prendre trois à cinq semaines et perturber l’acheminement de jusqu’à quatre millions de barils par jour. Avec les perturbations autour du détroit d’Ormuz, deux routes maritimes majeures et une voie terrestre d’exportation sont menacées.

Lundi, le Brent a atteint 109,3 dollars le baril, en hausse de 4,5 % en séance. Le WTI est monté à 104,3 dollars, soit une progression de 4,2 %. Le Brent avait déjà gagné plus de 8 % la semaine précédente.

Ces niveaux ne signalent pas encore une pénurie. Ils intègrent une prime de risque liée à un éventuel blocage prolongé de Bab el-Mandeb. Le conflit yéménite est redevenu un risque direct pour le marché mondial du pétrole.