Un nouvel épisode de tension s’invite dans la relation algéro-française. Jeudi 26 mars, le ministère des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger, Gilles Bourbao, pour élever une protestation dans les termes les plus fermes contre la décision de prolonger d’un an la détention provisoire d’un agent consulaire algérien en France.
Détenu depuis avril 2025, cet agent fait l’objet d’une détention prolongée, en dépit du statut protégé dont il bénéficie au titre de la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963. Le ministère souligne un accès consulaire tardif : la première visite n’a été autorisée que le 17 mars, soit près d’un an après le début de la détention. Il dénonce également un traitement qualifié d’inqualifiable.
L’affaire survient dans un contexte de reprise prudente du dialogue bilatéral, après plus d’une année de froid diplomatique. Elle fait suite à plusieurs signaux de détente, notamment la visite du ministre français de l’intérieur, Laurent Nuñez, et un échange téléphonique récent entre Ahmed Attaf et son homologue Jean-Noël Barrot.
Mais les points de friction restent nombreux. Le communiqué français publié après cet échange mentionne le cas du journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison ferme pour « apologie de terrorisme », en lien avec un projet d’article sur l’équipe du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste en Algérie. Cette référence ne figurait pas dans le communiqué algérien, centré sur les enjeux régionaux.
Dans ce contexte, l’Algérie prévient que cette décision, jugée difficilement justifiable, aura inévitablement des conséquences sur le cours normal des relations bilatérales.