L’Algérie fait face à un environnement international « de plus en plus complexe », marqué par « l’incertitude stratégique » et « une course accrue aux ressources et aux zones d’influence », a déclaré le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, Saïd Chanegriha, à l’ouverture d’un séminaire consacré aux menaces extérieures.
Organisé jeudi 14 avril par la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE), ce séminaire, tenu au Cercle national de l’armée à Béni Messous, porte sur « les menaces extérieures à l’ombre des mutations géopolitiques et technologiques : défis sécuritaires et enjeux stratégiques ».
Dans son allocution, le général Chanegriha a souligné que ces mutations s’accompagnent de « nouveaux instruments d’influence et de pression », dans un contexte international en recomposition.
« Les développements enregistrés dans les domaines du cyberespace, de l’intelligence artificielle et de la gestion des données ont contribué à la redéfinition de la logique de la puissance », a-t-il affirmé, ajoutant que la maîtrise de la recherche et du développement ainsi que la production de connaissances sont devenues « un facteur essentiel pour déterminer les équilibres de forces et d’influence dans les relations internationales ».
La DGDSE au centre du dispositif d’analyse
Le chef d’état-major a également insisté sur le rôle de l’anticipation dans la prise de décision stratégique. « Le contrôle des outils d’anticipation et l’élaboration de scénarios prévisibles constituent des clés importantes pour la prise de décisions stratégiques et sécuritaires », a-t-il déclaré, évoquant aussi la nécessité d’« améliorer la maturité des politiques publiques de l’État ».
Il a indiqué que l’Algérie « continue de renforcer sa veille stratégique » à travers des approches proactives, afin de « rester un partenaire international crédible et un acteur actif dans son espace géo-sécuritaire ».
Dans ce contexte, l’armée poursuivra ses efforts pour « renforcer sa disponibilité opérationnelle », moderniser ses équipements et adapter son système de formation, afin de faire face « à toutes les formes de menaces actuelles et futures » et de maintenir le pays comme « un rempart de sécurité et de stabilité ».
Le séminaire a réuni des membres du gouvernement, des responsables militaires ainsi que des experts, et a donné lieu à plusieurs interventions consacrées aux évolutions des menaces extérieures.