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Gaz : l’Algérie menace de couper les vannes à l’Espagne


Entre Alger et Madrid, rien ne va plus. Ca va même de mal en pis dans leur relation déjà fortement perturbée par le positionnement pro marocain du chef de gouvernement espagnol dans le dossier du Sahara occidental. Et, ce n’est pas sans raison que la crise diplomatique entre les deux pays s’enlise.

En effet, les autorités espagnoles ont pris la décision d’autoriser le fonctionnement,  en flux inverse, du gazoduc Maghreb Europe (GME). Autrement dit revendre au Maroc du gaz acheté à l’Algérie. Ce qui est contraire aux clauses contractuelles.

La ministre espagnole de l’énergie, Teresa Ribera, qui en a informé le ministre algérien de l’énergie et des mines, Mohamed Arkab,  a précisé que l’opération commence ce mercredi, au plus tard demain jeudi 28 avril 2022. Le ministère de l’énergie et des mines a aussitôt fermement réagi, menaçant de rompre les livraisons de gaz à l’Espagne si cette dernière venait à lancer l’opération en question.

« Le ministère de l’Energie et des mines tient à préciser que tout acheminement de quantités de gaz naturel algérien livrées à l’Espagne, dont la destination n’est autre que celle prévue dans les contrats, sera considéré comme un manquement aux engagements contractuels, et par conséquent, pourrait aboutir à la rupture du contrat liant la Sonatrach à ses clients espagnols ». 

L’Algérie a toutes les raisons de craindre que les Espagnoles volent aux secours des Marocains en leur « refilant » via le GME des quantités de gaz achetées à la Sonatrach.

En mars dernier, les Marocains avaient annoncé qu’ils s’apprêtaient à recevoir du gaz depuis l’Espagne via le GME. Ce gazoduc, qui traverse le Maroc, pour déboucher sur l’Espagne, a été fermé, rappelons-le, par l’Algérie à l’automne 2021, suite à une décision ordonnant à la Sonatrach de ne pas renouveler le contrat. Depuis, l’Espagne est alimentée en gaz algérien à travers le gazoduc Medgaz.

Le samedi 23 avril 2022, le chef de l’Etat avait rassuré les Espagnols quant au respect des contrats de livraisons de gaz. Mais visiblement, il risque de ne plus être le cas s’il venait que l’Espagne vende du gaz algérien au Maroc.