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L’Algérie retire son ambassadeur en France en réaction à la position de Paris sur le Sahara Occidental


Nouvelle tempête sur les relations algéro-françaises : le gouvernement algérien a annoncé ce mardi 30 juillet le retrait immédiat de son ambassadeur en poste à Paris. Cette décision fait suite à la reconnaissance par la France du plan d’autonomie marocain comme « seule base » de résolution du conflit du Sahara Occidental, une démarche perçue comme une adhésion à la souveraineté revendiquée par le Maroc sur ce territoire.

Le ministère algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger a indiqué que la représentation diplomatique algérienne en France serait désormais assurée par un chargé d’affaires.

Dans un communiqué repris par l’agence officielle APS, le ministère algérien a vivement critiqué la position française, affirmant que « le gouvernement français a fini par donner sa caution franche et catégorique au fait colonial imposé au Sahara Occidental. » Selon Alger, cette décision, inédite parmi les gouvernements français précédents, a été prise « avec beaucoup de légèreté et une grande désinvolture, sans en mesurer lucidement toutes les retombées potentielles. »

Le gouvernement algérien accuse la France de bafouer la légalité internationale et de nier le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. En reconnaissant le plan d’autonomie marocain, Paris « se démarque de tous les efforts patients et persévérants déployés par les Nations Unies à l’effet de parachever la décolonisation du Sahara Occidental et manifeste une abdication des responsabilités particulières qu’il doit assumer, en toutes circonstances, comme membre permanent du Conseil de Sécurité, » souligne le communiqué.

Le fait est qu’Emmanuel Macron, président français, a officiellement annoncé, dans un message adressé au roi du Maroc Mohamed VI, qu’il considère « que le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine ». Cette déclaration ne surprend guère, surtout après le rapprochement perceptible entre Paris et Rabat, déjà visible lors de la visite du ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné au Maroc le 25 février 2024.

Cette nouvelle crise se profile alors que les relations algéro-françaises viennent à peine de retrouver une certaine normalité, avec l’annonce de la prochaine visite de Tebboune à Paris. Les tensions et les crises dans la relation tumultueuse entre l’Algérie et la France se sont multipliées ces dernières années.

La première grave crise diplomatique avait été déclenchée par les propos du président Macron sur l’histoire de l’Algérie. Emmanuel Macron avait déclaré, entre autres propos, que « l’Algérie, après son indépendance en 1962, qui avait mis fin à 132 ans de colonisation française, s’était construite sur une rente mémorielle, entretenue par le système politico-militaire ».

La seconde tempête diplomatique est survenue avec l’accueil en France de la militante Amira Bouraoui, détentrice d’un passeport français, après un passage par Tunis. Cet acte, qu’Alger avait qualifié d’« exfiltration » relevant d’un « acte de barbouzerie », avait exacerbé les tensions.

Déjà, il y a quelques jours, le jeudi 25 juillet, l’Algérie avait exprimé, sa « profonde désapprobation » de la décision « inattendue, inopportune et  contre-productive » de la France d’apporter son soutien au plan d’autonomie  défendu par le Maroc pour le Sahara occidental, affirmant que le gouvernement algérien « tirera toutes les conséquences qui découlent de cette décision française » et dont le gouvernement français « assume seul la pleine et entière responsabilité »

Relevant que la « décision a été communiquée officiellement aux autorités algériennes par les autorités françaises ces derniers jours », le ministère algérien des Affaires étrangères avait décoché quelques flèches assassines, dans un communiqué,  en affirmant que « les puissances coloniales, anciennes et nouvelles, savent se reconnaître, se comprendre et se rendre des mains secourables ».