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Le sachet de lait ou le pari manqué de Rezig


Dans l’Algérois, les files le long des trottoirs ou à même la chaussée font désormais partie du décor quotidien. Depuis que les autorités, en mal de génie, ont mis en place des points de vente du lait pasteurisé subventionné. Cela depuis plusieurs semaines, et tout laisse supposer que c’est parti pour durer encore longtemps.

Pour le ministère du commerce, c’est là la solution à même d’endiguer, ou à tout le moins atténuer, la tension sur ce produit de première nécessité. Et  tout le monde semble s’en accommoder. Le consommateur, y compris, pris dans le rouleau de l’habitude ou poussé à la résignation. Peu importe pour le gouvernement que l’image du pays prenne un coup, c’est, pour lui, moins embarrassant  que d’entendre le citoyen gronder.

C’est d’ailleurs non sans un brin de fierté que le ministre du commerce, le très atypique Kamel Rezig, soumis tout récemment à la question au niveau du parlement, a revendiqué les longues queues devant les points de vente de lait comme un trait de civisme.

Ce n’est pas ce que l’opinion aurait souhaité entendre, mais c’est tout ce qu’il a consenti à répondre à la critique sur sa gestion de la crise du lait. Pourtant, il n’aurait pas eu tort d’avouer son échec, lui qui, en janvier 2020, criait fort et jurait par trois fois devant les médias qu’il se donnait une semaine pour solutionner définitivement la crise de lait et que « des têtes allaient tomber ».

Deux ans plus tard, la crise est toujours là. Dans les rares épiceries, celles qui en vendent, bien sûr, car toutes ne le commercialisent pas, le sachet de lait est réservé « aux clients habituels » et vendu ainsi sous le manteau, parfois, sinon souvent à un prix plus élevé que son prix administré, à savoir 25 dinars.

Faute de disponibilité du produit dans les épiceries, le citoyen est contraint de se rendre dans les points de vente de son quartier ou du quartier avoisinant pour, au bout d’une longue attente, s’y approvisionner. C’est le même rituel qui est répété chaque jour. Aux mêmes heures, souvent assez tôt pour avoir une bonne place dans la chaine, des gens, des deux sexes, et tous âges confondus, affluent vers les points de vente de lait en sachet subventionné.

L’attente peut durer plusieurs heures.