Les marchés mondiaux ont reculé jeudi, tandis que le pétrole franchissait à nouveau le seuil symbolique des 100 dollars le baril, signe d’une inquiétude croissante face à l’enlisement du conflit impliquant l’Iran. Le Brent a dépassé les 100 dollars, contre moins de 95 la veille, traduisant la nervosité des investisseurs face à l’impasse diplomatique.
Au cœur des tensions, le durcissement simultané des positions de Washington et de Téhéran. Si le président américain Donald Trump évoque un accord « proche », l’Iran a rejeté son plan de cessez-le-feu en quinze points, lui opposant une contre-proposition aux implications bien plus structurantes. Diffusé par la télévision d’État, le plan iranien exige la fin des assassinats ciblés de ses responsables, des garanties contre toute agression future, des réparations de guerre et la reconnaissance de sa souveraineté sur le détroit d’Ormuz.
C’est précisément ce dernier point qui cristallise les inquiétudes. Par ce corridor transite près de 20 % des flux mondiaux d’hydrocarbures. En cherchant à formaliser son contrôle sur cette artère stratégique — jusqu’à envisager des droits de passage pour les navires — Téhéran transforme un levier géographique en instrument politique.
Dès lors, la hausse des prix du pétrole ne relève plus d’un simple réflexe de marché. Elle traduit une mutation plus profonde : la réintégration du risque géopolitique dans la formation des prix. Plus qu’un choc d’offre immédiat, les marchés redoutent une redéfinition durable des règles de circulation énergétique dans le Golfe.