Les négociations autour d’un cessez-le-feu à Ghaza, en Palestine occupée, devraient reprendre ce jeudi 15 août dans la capitale qatarie Doha. Seulement, aux dernières nouvelles, le Hamas aurait décidé de ne pas y prendre part, au grand regret des Américains qui usent de toute leur influence, sur Israël notamment, pour faire accréditer le plan Biden présenté le 31 mai 2024.
Si, pressé par les Américains, Israël a confirmé l’envoi d’une délégation de négociateurs à Doha, le Hamas, en revanche, hésite à s’associer aux discussions, voire les boycotte carrément. La tentative de relance des négociations autour d’une trêve à Ghaza pourrait échouer, malgré les bonnes volontés des médiateurs Qataris et Égyptiens.
Le Hamas, qui a un nouveau chef politique, en la personne de Yahia Senwar, après l’assassinat le 15 juillet dernier d’Ismail Haniyeh à Tehéran, en Iran, estime qu’il n’y a point d’utilité à négocier et qu’il suffit d’appliquer le « plan de paix » présenté par le président américain Joe Biden. Un plan qu’Israël ne veut visiblement accepter tel quel et souhaite le triturer à convenance.
Le plan présenté par Joe Biden en mai 2024 prévoit une trêve de six mois dans la bande de Ghaza, laquelle sera suivie du retrait israélien des zones densément peuplées ainsi que de la libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens. Cette trêve proposée par les Américains devrait compléter celle de novembre 2023.
Les Américains, qui ont envoyé le directeur de la CIA, William Burns, aux négociations prévues à Doha à partir de ce jeudi, font tout pour que les discussions aient lieu et aboutissent et ce pour deux raisons principales : parvenir à un cessez-le-feu dans cette guerre -agression israélienne- qui risque d’impacter négativement la campagne pour la présidentielle de novembre 2024 mais surtout espérer éviter une riposte iranienne à l’assassinat sur son sol, le 15 juillet dernier, du chef de Hamas Ismail Haniyeh.
En effet, une trêve négociée entre Israël et le Hamas pourrait dissuader l’Iran de riposter à l’assassinat sur son territoire du chef emblématique du Hamas. Le pays des Ayatollahs a déjà montré qu’il est capable d’atteindre Israël, comme il l’a fait dans sa riposte à l’attaque israélienne contre son consulat en Syrie, un bombardement qui a fait plusieurs morts, dont le général Mohammad Reza Zahedi. L’Iran a fait pleuvoir sur Israël des missiles au milieu d’un essaim de drones militaires.
Les Américains, mais aussi de nombreux pays de la région du Moyen-Orient et d’Arabie, font tout pour éviter la réaction de l’Iran, ainsi que celle du Hizbollah libanais, lesquelles risquent d’être coûteuses pour leur allié, Israël, mais aussi d’embraser toute la région. Aussi les États-Unis et le Qatar appellent à ne pas « saper » les efforts en vue d’un cessez-le-feu à Ghaza.
Cependant, pendant que les États-Unis cherchent une trêve, l’armée israélienne poursuit ses bombardements sur Ghaza, tuant sans discernement femmes, enfants et vieillards parmi une population réduite à la plus extrême des misères, sans nourriture, sans soins et sans logis, exposée aux maladies. Selon le ministre de la santé palestiniens, pas moins de 40 000 personnes ont été tuées depuis le 8 octobre 2023.