Chargement ...

En Algérie, le stade n’obéit pas aux abonnés de l’Américain IShowSpeed


Il paraît qu’un bourdon, suivi par des millions de suiveurs sur YouTube, était choqué de ce qui lui est arrivé au stade en Algérie. Il s’appelle IShowSpeed, Américain en tournée, caméra allumée et ego en bandoulière. Et il pensait sans doute que le stade algérien fonctionnerait comme un plateau de streaming avec bruit contrôlé, public docile et émotions calibrées.

Erreur.

Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : en Algérie, le stade ne reconnaît aucune autorité. Ni les millions d’abonnés, ni la notoriété mondiale, ni l’algorithme de YouTube, ni l’OTAN d’ailleurs. Que tu t’appelles IShowSpeed ou autre incongruité, tu entres dans une enceinte populaire avec une seule obligation : respecter les codes locaux.

Le football algérien n’est pas un décor de streaming, encore moins un zoo à émotions destiné à faire le buzz. Ici, les tribunes ont leur langage, leur humeur, leur ironie parfois brutale. Elles applaudissent, elles sifflent, elles testent. Elles n’expliquent pas. Elles ne s’excusent pas.

Venir avec un maillot des Verts ne donne aucun passe-droit. Être « bien accueilli dans la journée » ne garantit rien une fois les projecteurs allumés. Dans un stade algérien, la foule est souveraine, imprévisible, indomptable. Elle n’obéit ni aux caméras ni aux influenceurs.

C’est peut-être choquant vu de l’extérieur, mais c’est ainsi. Ici, on ne consomme pas le football, on le vit. Intensément. Parfois excessivement. Et sûrement pas selon les standards d’Internet.

Le stade est un territoire, avec ses règles tacites, et ceux qui les ignorent l’apprennent souvent à leurs dépens.

Mais cette incompréhension ne concerne pas seulement le streamer. La plateforme qui organise cette tournée, Expedia, et ses correspondants locaux, doivent aussi le comprendre : ce concept ne fonctionne pas partout. On ne transplante pas un format de divertissement mondialisé dans un stade algérien comme on réserve un hôtel ou un vol. Ici, la foule n’est pas un décor marketing.

Donc oui, merci aux galeries de l’USM Alger et du MC Alger de le lui rappeler, à leur manière, sans filtre et sans sous-titres.

Ce n’est ni de la haine ni un scandale. C’est un rappel.

Ce n’est pas personnel. C’est culturel. Et si ces règles ne lui conviennent pas ou à ceux qui pensent faire comme lui, il reste toujours les studios climatisés et les plateaux contrôlés.
Le stade algérien, lui, ne négocie pas. Il n’a jamais négocié. Et il ne commencera pas pour un stream, fût-il suivi par un milliard d’abonnés.

Ça apprendra IShowSpeed à respecter les codes du stade en Algérie. Et à ses suiveurs de faire de même.