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Cannes 79, journal d’un envoyé spécial algérien : la chasse aux sorcières est ouverte, 6/8

À Cannes, les paillettes n’effacent pas les lignes de front. L’affaire Bolloré, les prudences du cinéma, Imane Khelif enrôlée dans le storytelling de Chanel et l’Algérie absente du Marché du film esquissent une cartographie du pouvoir culturel. Sur ce tapis rouge nettoyé avant chaque illusion, « À quoi rêvent les Maknines » rappelle qu’un pays peut survivre par ceux qui le filment.


Sur le tapis rouge du Palais des Festivals, à Cannes, la machine du prestige se règle aussi hors champ. Photo : Scott A. Garfitt/Invision/AP.

Jour après jour, le Festival de Cannes avance comme une mécanique de précision. Qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il fasse très beau, ou les trois dans la même heure, comme il arrive désormais sous ces climats déréglés, le programme suit son cours. Les limousines déposent des VIP, les smokings montent, les robes balaient les marches et les attachés de presse chronomètrent les confidences. Cannes demeure cette machine admirablement huilée qui regarde Venise, Berlin et Toronto depuis son balcon.