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Séisme en Syrie : appels à la levée des sanctions internationales


La Syrie, meurtrie par la guerre et désormais dévastée par le séisme du 6 février, presse la communauté internationale de lui venir en aide et de lever les sanctions.

Le Croissant-Rouge syrien a appelé, mardi 7 février, l’Union européenne à lever les sanctions contre Damas, au lendemain du séisme dévastateur. « J’appelle tous les pays de l’UE à lever les sanctions économiques contre la Syrie », car « il est temps, après ce tremblement de terre », a déclaré Khaled Haboubati, directeur du Croissant-Rouge syrien, lors d’une conférence de presse à Damas.

Selon lui, les secouristes manquent de tout, y compris de camions anti-incendie, d’ambulances et de machines lourdes. « C’est le peuple syrien qui subit les sanctions », dit-il. Il a également appelé « l’Agence américaine pour le développement (USAID) à fournir une assistance au peuple syrien ».

Avant lui, le chef de la diplomatie syrienne, Fayçal Moqdad, avait affirmé que le régime de Damas est prêt à « faciliter toutes les (procédures) nécessaires aux organisations internationales pour qu’elles fournissent une aide humanitaire ». « La Syrie appelle les États membres de l’ONU, le Comité international de la Croix-Rouge et d’autres groupes humanitaires à soutenir les efforts du gouvernement syrien pour faire face au séisme dévastateur », a déclaré lundi le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le Croissant-Rouge au cœur de la gestion de l’aide

L’ambassadeur syrien aux Nations unies a assuré lundi à l’ONU que cette aide irait « à tous les Syriens sur tout le territoire », affirmant ainsi que même les populations qui ne sont pas sous l’autorité de Damas en bénéficieraient. « Le Croissant Rouge ne fait pas la différence entre les personnes vivant dans les régions contrôlées par le gouvernement et celles dans les zones contrôlées par les rebelles », a renchéri Haboubati, qui s’est déclaré prêt à envoyer un convoi d’aide à Idlib.

Un collectif de journalistes a tenu un rassemblement devant le passage de Bab al-Hawa, au nord d’Idlib, pour exiger l’entrée de l’aide humanitaire et des équipes de secours, précisant que ce point de passage est praticable, contrairement aux affirmations de responsables de l’ONU.

D’ores et déjà, quelques voix se sont élevées en faveur de la levée des sanctions. La communauté catholique de Sant’Egidio a appelé mardi à « suspendre les sanctions pour que l’aide puisse parvenir dès que possible à la population épuisée par la guerre et le séisme ».

« Il est impératif que tout le monde considère cette situation pour ce qu’elle est, une crise humanitaire où des vies sont en jeu », a lancé, pour sa part, le porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, Jens Laerke, depuis Genève. « S’il vous plaît, ne la politisez pas ».

L’acheminement de l’aide bloqué par les sanctions et les circuits onusiens

Pour autant, les puissances occidentales se montrent — pour l’heure — frileuses, tant l’acheminement de l’aide s’annonce complexe et hautement politique. Si elles ont apporté leur aide sans délai à la Turquie, durement touchée par le séisme, elles restent plus hésitantes vis-à-vis de la Syrie, craignant que cela ne revienne à reconnaître la légitimité du régime de Bachar al-Assad.

Le casse-tête concerne notamment l’acheminement de l’aide, Bab al-Hawa étant l’unique point de passage autorisé par une résolution des Nations unies. Apporter de l’aide depuis le territoire contrôlé par Damas supposerait qu’elle soit distribuée par le régime d’al-Assad.

Il convient de rappeler que ces sanctions ont été imposées à partir de 2011 par l’Union européenne, les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Suisse et la Ligue arabe. En août 2011, les États-Unis ont instauré un embargo sur le secteur pétrolier ainsi qu’une série de mesures ayant un large impact sur la population syrienne, notamment sur le prix des denrées de première nécessité et des produits médicaux. En septembre 2011, l’Union européenne a adopté à son tour un embargo contre le secteur pétrolier syrien.

Pour sa part, l’Algérie a répondu à l’appel à l’aide humanitaire en envoyant 115 tonnes de produits pharmaceutiques et alimentaires ainsi que des tentes à destination de la Syrie. Une équipe de 86 secouristes spécialisés dans les catastrophes naturelles, relevant de la protection civile, a rallié la Syrie lundi depuis la base aérienne de Boufarik pour participer aux opérations de secours.