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Des ONG s’inquiètent après l’annonce d’une invasion de Rafah


La machine génocidaire israélienne se met en branle à Rafah, dans le sud de la bande de Ghaza où, depuis le 7 octobre, se poursuivent les massacres de civils, la plupart des femmes et des enfants.  

L’armée d’occupation israélienne a donné l’ordre, ce lundi 6 mai, d’évacuer une partie (est) de cette zone, où s’abritent des centaines de milliers  réfugiés, et se prépare à l’envahir.

Des ONG ont exprimé leur inquiétude face à cette invasion qui fait planer le risque d’une tuerie à grande échelle contre des populations civiles.

«Du point de vue humanitaire, il n’existe aucun plan crédible», a déclaré  Bushra Khalidi, directrice du plaidoyer pour Oxfam dans les territoires palestiniens.

Elle a dit qu’elle ne pouvait «pas imaginer que l’attaque  contre Rafah puisse avoir lieu» se demandant où iront les Palestiniens déplacés «alors que la plupart de leurs environs auront été réduits en  morts et en décombres».

De son coté, Osama Al Kahlout, du Croissant-Rouge palestinien, cité par des médias, a déclaré que «les zones désignées pour l’évacuation  abritent actuellement quelque 250 000 personnes, dont beaucoup ont déjà été déplacées d’autres zones de la bande de Ghaza».

Pour l’ONG Save the Children, «le temps est compté pour protéger les enfants de Rafah, dernier refuge (pour environ 1,2 million de personnes selon l’Organisation mondiale de la santé)».

«L’incursion annoncée mettra non seulement en danger la vie de plus de 600 000 enfants, mais au mieux perturbera et au pire provoquera l’effondrement  de l’aide humanitaire qui lutte actuellement pour maintenir en vie la  population de Ghaza», selon Save the children.

L’assaut israélien annoncé à Rafah «pourrait conduire à la phase la plus meurtrière de ce conflit, infligeant d’horribles souffrances aux civils déplacés dans la région», a déclaré le secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés, Jan Egeland

Pour l’ONU, l’évacuation non-volontaire de Rafah ne se fera pas sans dégâts et va causer plus de souffrances aux Ghazaouis.

L’ «évacuation massive» d’une partie de la population de Rafah ordonnée par Israël est «impossible» à faire de façon «sûre», a mis en garde ce lundi le porte-parole du secrétaire  général de l’ONU, assurant que les Nations unies ne prenaient part à «aucune évacuation non volontaire».

«Les ordres d’évacuation d’aujourd’hui pour l’est de Rafah vont tout  simplement augmenter la souffrance des civils. On leur a donné l’ordre de se déplacer vers Al Mawasi qui est déjà surpeuplé et manque de sécurité et des  services humanitaires de base. Une évacuation massive de cette ampleur est impossible à faire de façon sûre», a déclaré Stéphane Dujarric à la presse.

Le haut représentant de l’Union européenne  pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a qualifié, pour sa part, d’inacceptable l’ordre donné par Israël aux Palestiniens, vivant dans l’est de Rafah, de se déplacer en prévision d’une  attaque terrestre.

«Les ordres d’évacuation aux civils de Rafah laissent présager le pire: davantage de guerre et de famine. C’est  inacceptable», a déclaré Borrell dans un message publié sur la plateforme X.

L’agression contre Ghaza, qui en est à son  213e  jour, a fait au moins 34 683 morts, selon le ministère de la Santé palestinien.