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Consultations politiques : Tebboune entend-t-il les partis lui parler ?

Les projets de nouvelles lois que l’exécutif a votées n’agréent pas, on le constate, les partis politiques, même si certains d’entre-eux ne semblent pas trop s’en préoccuper, phagocytés qu’ils sont par le pouvoir.


Consultations politiques de Tebboune avec les partis à El Mouradia

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a repris la réception, pour des consultations, de partis politiques au siège de la présidence de la République, à El Mouradia, prélude, certainement, au dialogue national qu’il avait annoncé le 5 octobre 2024, lors de sa rencontre avec la presse, pour la fin de l’année 2025 ou le début de l’année 2026.

Mais, dans ce qu’il entreprend, notamment en matière de lois devant régir la vie politique et socio-économique, le chef de l’État tient-il véritablement compte des avis et propositions de ses invités, si tant est que ces derniers en expriment ?

Au sortir de l’audience que lui a accordée, lundi, le chef de l’État, le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, s’est fendu d’une longue déclaration, lue sur le perron du siège de la présidence de la République. En conclusion de cette déclaration, le premier responsable du FFS a souligné qu’il a fait part au locataire d’El Mouradia de ses préoccupations quant au contenu des projets de code communal et de wilaya, ainsi que des projets de loi sur les associations et les partis politiques qui, dans leurs premières moutures, instaurent « la mainmise de l’administration et imposent une tutelle à la société politique ».

Les préoccupations du leader du FFS sont, sans nul doute, communes au reste de la classe politique, notamment aux partis de l’opposition. Certains n’ont pas attendu de se rendre à El Mouradia pour en faire état. C’est notamment le cas du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Le parti d’Atmane Mazouz a estimé, dans la résolution de son dernier conseil national, que si les projets de loi (commune, wilaya, partis et associations) sont adoptés, les élus deviendraient des fonctionnaires, les partis « des agences de renseignement auprès du ministère de l’Intérieur » et « les associations des appendices de l’administration ».

Des critiques convergentes face aux projets de loi

Le projet de loi sur les partis politiques est aussi dénoncé par Soufiane Djilali, premier responsable du parti Jil Jadid. Sur X, anciennement Twitter, il a écrit que « pendant que les Algériens se mobilisent pour leur pays contre les attaques extérieures, le pouvoir rend public un avant-projet de loi qui abolira indirectement le multipartisme. S’il est adopté, la parenthèse démocratique se refermera ».

Les projets de nouvelles lois que l’exécutif a votés n’agréent pas, on le constate, les partis politiques, même si les devanciers du FFS à El Mouradia, le RND et le MSP, ne semblent pas trop s’en préoccuper, phagocytés qu’ils sont par le pouvoir.

Le président Tebboune entendra-t-il le FFS, le RCD, Jil Jadid et, assurément, d’autres voix qui viendraient dénoncer le nouvel arsenal de lois sur la vie politique et associative ? Peu sûr.

Les projets de loi sur les partis et les associations, ceux relatifs à la commune et à la wilaya également, sont au niveau du Parlement, qui en débattra dans un proche avenir et les votera sûrement sans les amender. Car, si le pouvoir voulait une ouverture démocratique, comme le lui réclament les partis politiques qu’il consulte, les projets de loi qu’il élabore auraient d’autres contenus et d’autres teneurs que celles qu’il leur donne présentement.

D’ici la fin de l’année 2025 et le début de l’année 2026, horizon annoncé pour un dialogue national inclusif, les projets de loi sur la commune, la wilaya, les partis politiques et les associations seront votés et promulgués tels que conçus par l’exécutif, émanation d’un pouvoir qui refuse le compromis politique comme principe de gouvernance.

À quoi auront servi les consultations politiques et à quoi servirait le dialogue national (dont la forme n’est pas encore définie) si le pouvoir continue de n’entendre que sa propre voix ?