Le journaliste Mustapha Bendjama a annoncé avoir été condamné à un an de prison ferme par la cour de justice d’Annaba et avoir déposé une plainte administrative contre la magistrate ayant présidé son procès en appel, dénonçant ce qu’il qualifie d’irrégularités dans le déroulement de l’audience.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Bendjama a indiqué avoir saisi la plateforme numérique du ministère de la Justice au sujet de l’audience tenue le 25 février 2026 devant la cour d’Annaba. Il affirme que les conditions dans lesquelles s’est déroulé le procès ont porté atteinte, selon lui, aux principes d’un procès équitable.
Le journaliste soutient qu’il n’a disposé que de « deux à trois minutes » pour répondre aux accusations portées contre lui et qu’il a été interrompu à plusieurs reprises pendant sa prise de parole. Son avocat a également, selon ses dires, été sommé d’abréger sa plaidoirie.
Audience contestée
Bendjama affirme en outre que l’audience a été suspendue à plusieurs reprises afin de permettre l’examen d’autres affaires alors que son procès était en cours, une pratique qui, selon les avocats qu’il dit avoir consultés, pourrait porter atteinte au principe de continuité des débats et aux droits de la défense.
Selon lui, la cour a également aggravé la peine prononcée à son encontre en première instance, la faisant passer d’un an de prison avec sursis à un an de prison ferme.
Dans son message, Bendjama indique qu’il adressera également un courrier au ministre de la Justice afin de demander une intervention visant, selon ses termes, à « rétablir ses droits dans le respect de la loi et des institutions ».
Journaliste indépendant basé à Annaba, Mustapha Bendjama a fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires ces dernières années. Il est la cible d’un harcèlement policier et judiciaire depuis la période du Hirak. Au total, onze procédures ont été engagées contre lui, liées notamment à des articles publiés dans la presse et à des prises de position sur les réseaux sociaux.