À Safi, cette demi-finale retour de Coupe de la Confédération (CAF) n’a pas commencé par du football, mais par du désordre. Envahissement de terrain avant même le coup d’envoi, match retardé de près d’une heure, et une tension qui n’a jamais vraiment quitté la pelouse.
Le public local avait décidé d’imposer son tempo. Résultat : échauffourées en tribunes, pression maximale sur les joueurs, et surtout une poignée de supporters de l’USMA livrés à eux-mêmes, « ceintures » en guise de boucliers improvisés. Une scène lunaire qui a enflammé les réseaux en Algérie. Un commentateur a résumé l’atmosphère d’une formule : « il y a Sebta l’espagnole et Sebta l’algérienne », clin d’œil acide à Ceuta, enclave sous contrôle espagnol en territoire marocain. Ambiance.
Dans ce chaos, il fallait du sang-froid. L’USMA en a eu suffisamment pour faire le minimum efficace. Le penalty transformé par Khaldi juste avant la pause (45+4’) a longtemps ressemblé à un coup parfait à l’extérieur. Derrière, les Algérois ont reculé, absorbé, plié sans rompre.
Les chiffres racontent d’ailleurs une autre histoire que le score : 69 % de possession pour Safi, 17 tirs à 11, 9 corners à 0. Une domination territoriale nette, presque étouffante. Mais comme souvent, dominer n’est pas gagner. Safi a poussé, Safi a insisté, Safi a fini par égaliser par Kone (75e). Trop tard, et surtout insuffisant.
Parce que l’USMA n’a jamais rompu. Même acculée, même chahutée, même plongée dans un environnement hostile, elle a tenu. Mieux : elle a su ralentir le tempo, casser le rythme, jouer avec les nerfs adverses. Un match d’expérience plus que de panache.
Ce 1-1 suffit : l’USMA est en finale. Une qualification arrachée dans un contexte qui dépassait largement le cadre du football.
Elle y retrouvera le Zamalek, tombeur du CR Belouizdad (0-0, 1-0 sur l’ensemble des deux matchs). Une affiche relevée, loin du tumulte de Safi, mais qui exigera autre chose : du football, cette fois.