Le tribunal de Sidi M’hamed a rendu lundi son jugement dans « l’affaire Imetal », condamnant l’ancien ministre de l’Industrie Ali Aoun à cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende d’un million de dinars, avec mandat de dépôt à l’audience.
Son fils, Mehdi Aoun, a été condamné à six ans de prison et à une amende de 200 000 dinars, selon le dispositif du tribunal. L’homme d’affaires Abdennour Abdelmoula, dit « Nounou Manita », se présentant comme proche de Aoun, a écopé de dix ans de prison ferme et d’une amende d’un million de dinars.
Le tribunal a également condamné à trois ans de prison ferme les PDG de Sider El-Hadjar et de Fondal, deux filiales du groupe Imetal, Karim Boulaioune et Nourredine Salehi, assortis d’une amende d’un million de dinars chacun. D’autres prévenus, dont Mohamed Cherfaoui et Abdelhalim Lekouara, ont été condamnés à cinq ans de prison ferme.
Plusieurs prévenus ont en revanche été relaxés, parmi lesquels l’ex-PDG de Madar, Charaf Eddine Amara.
L’affaire, liée aux activités du groupe public Imetal et de ses filiales Sider El-Hadjar et Fondal, portait sur des accusations de corruption, blanchiment d’argent, abus de fonction et octroi d’avantages indus.
Lors du procès devant le pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed, Ali Aoun a rejeté les accusations, affirmant à plusieurs reprises « ne rien savoir » des faits qui lui sont reprochés, notamment une mission en Mauritanie en septembre 2024 , au cœur des débats.
Les audiences ont été marquées par des témoignages contradictoires, des écarts importants dans les montants évoqués – notamment autour des dettes de son fils – et un manque de documents permettant de retracer précisément les flux financiers.
Le parquet avait requis jusqu’à 12 ans de prison contre plusieurs des principaux prévenus. Le jugement rendu lundi marque l’aboutissement d’un procès qui a également soulevé des interrogations plus larges sur la gouvernance des groupes industriels publics en Algérie.