La sélection algérienne de football n’est pas parvenue à se hisser en huitièmes de finale de la Coupe du monde organisée en Amérique du Nord, aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Battue par la Suisse à Vancouver, elle quitte la compétition dès son premier match à élimination directe.
Qualifiés parmi les huit meilleurs troisièmes après une défaite contre l’Argentine, un match nul face à l’Autriche et une victoire contre la Jordanie en phase de groupes, les Algériens espéraient prolonger leur parcours. Ils n’ont pourtant jamais donné l’impression de pouvoir renverser une équipe suisse plus disciplinée, plus compacte et surtout plus déterminée.
Le match a rapidement échappé aux Verts. Breel Embolo a ouvert le score dès la 10e minute, profitant d’une défense encore mal installée. L’Algérie disposait pourtant de suffisamment de temps pour réagir, mais elle n’a jamais trouvé le rythme ni la justesse nécessaires pour inquiéter sérieusement son adversaire. La circulation du ballon est restée lente, les initiatives individuelles rares et les transmissions vers l’attaque trop imprécises.
Le second but, inscrit par Dan Ndoye dès la 46e minute, a définitivement éteint les derniers espoirs algériens. Revenir des vestiaires et encaisser presque immédiatement résume les difficultés d’une équipe incapable de maintenir sa concentration dans les moments décisifs. La Suisse n’a ensuite eu qu’à gérer son avantage face à un adversaire sans véritable ressort.
Le retour de Luca Zidane dans les buts, après avoir cédé sa place à Benbot contre l’Autriche, n’a pas changé le cours des choses. En trois rencontres disputées dans ce Mondial, il a encaissé six buts, soit une moyenne de deux par match. Ce bilan ne saurait lui être imputé à lui seul. La défense algérienne a souvent manqué de cohésion, de couverture et d’agressivité dans les duels.
Plus encore que les deux buts encaissés, c’est l’absence de réaction collective qui rend cette élimination décevante.
Une équipe déséquilibrée par les choix de Petkovic
L’alignement d’Ibrahim Maza à la pointe de l’attaque constitue l’un des choix les plus difficiles à comprendre. Le joueur est généralement plus utile dans un rôle de milieu offensif, où sa mobilité, sa qualité technique et sa capacité à recevoir entre les lignes peuvent donner du mouvement au jeu algérien.
En le plaçant plus haut, Vladimir Petkovic n’a pas seulement utilisé Maza dans une position qui ne semble pas correspondre à ses qualités naturelles. Il a aussi privé son milieu de terrain d’un relais capable de rapprocher les lignes et de créer des décalages. L’Algérie s’est ainsi retrouvée coupée en deux, avec des récupérateurs souvent trop éloignés des joueurs offensifs et une attaque alimentée par des ballons difficiles à exploiter.
Les porteurs de balle algériens ont rarement trouvé des solutions à proximité. Les déplacements manquaient de coordination, les appels étaient peu nombreux et les Suisses pouvaient défendre sans être réellement désorganisés. Privés de liaison entre le milieu et l’attaque, les Verts ont avancé par séquences isolées, sans continuité ni véritable maîtrise.
Le choix initial de Petkovic peut toujours être discuté. Son incapacité à le corriger pendant la rencontre l’est davantage. Le sélectionneur aurait pu replacer Maza plus bas, modifier l’animation offensive ou densifier le milieu. Il n’a pas trouvé la réponse qui aurait permis à son équipe de reprendre le contrôle du ballon et de faire reculer la Suisse.
Le second but encaissé dès le retour des vestiaires pose également la question de la préparation mentale et tactique de l’équipe. La pause devait permettre aux Algériens de se réorganiser et de revenir avec davantage d’intensité. Elle n’a produit aucun changement visible.
Cette élimination ne résulte donc pas d’un simple accident. Durant toute la compétition, l’Algérie a montré une défense fragile, un jeu irrégulier et une difficulté à imposer durablement son organisation. La victoire contre la Jordanie lui a permis de poursuivre l’aventure, mais elle n’a pas effacé les lacunes apparues face à l’Argentine.
Petkovic ne quitte pas seulement la compétition avec une défaite. Il la quitte sans avoir donné à son équipe une identité suffisamment claire pour affronter les matchs couperets.
L’Afrique nombreuse, mais encore timide dans les matchs décisifs
L’Algérie est la cinquième sélection africaine éliminée en seizièmes de finale, après l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo et le Sénégal. Cette succession d’éliminations contraste avec la réussite du continent au premier tour.
Sur les dix représentants africains engagés dans cette Coupe du monde, neuf ont atteint le premier tour à élimination directe. Seule la Tunisie a quitté la compétition dès la phase de groupes, après trois lourdes défaites. Cette présence massive pouvait laisser espérer plusieurs parcours prolongés et confirmer les progrès accomplis par les sélections africaines.
Le passage aux matchs couperets a cependant révélé d’autres limites. Certaines équipes ont été dominées, tandis que d’autres ont laissé échapper des rencontres qu’elles semblaient en mesure de gagner. Les Ivoiriens, les Congolais et surtout les Sénégalais peuvent regretter d’avoir manqué d’efficacité ou de maîtrise lorsque le rapport de force leur était favorable.
Les sélections africaines ne paraissent plus systématiquement inférieures sur le plan technique ou physique. Elles disposent de joueurs évoluant dans les meilleurs championnats et peuvent rivaliser avec la plupart de leurs adversaires. Elles continuent néanmoins de payer cher leurs erreurs défensives, leur manque de réalisme ou leur difficulté à gérer les moments décisifs.
Le bilan reste toutefois provisoire. L’Égypte, le Ghana et le Cap-Vert doivent encore disputer leur seizième de finale. Au moment de l’élimination algérienne, seul le Maroc a validé son billet pour les huitièmes. Il serait donc prématuré de conclure à un nouvel échec collectif du football africain.
Le parcours des Verts s’inscrit néanmoins dans cette difficulté à transformer une qualification encourageante en véritable performance. Atteindre les seizièmes constituait le minimum après une phase de groupes irrégulière. En sortir sans avoir réellement inquiété la Suisse laisse un goût d’inachevé.
L’Algérie a participé au tableau final. Elle n’y a pas encore pesé.