Le CS Constantine voulait présenter ses recrues. Il faudra patienter. Les joueurs sont là, les contrats sont signés, l’entraînement a commencé, mais les tenues officielles, elles, voyagent encore. La direction a donc choisi la méthode moderne : publier un communiqué pour expliquer pourquoi elle ne publie rien.
Les supporters connaissent pourtant déjà plusieurs nouveaux visages. Le gardien Oussama Mellala arrive de l’US Biskra, Yacine Zeghad de Mostakbal Rouissat, tandis qu’Islam Bakir et Hamid Djaouchi quittent l’US Khenchela pour Constantine. Moussa Benzaid, lui, rejoint le club libre de tout engagement. Cinq recrues, cinq contrats et déjà des séances d’entraînement. Il ne manque plus que le droit d’être photographié.
Le contrat avec l’ancien équipementier, Casias, a pris fin le 30 juin. Après avoir étudié plusieurs offres, le CSC a retenu Macron, marque italienne qui devient son nouveau partenaire technique. Une partie des équipements a été livrée. Le reste arrivera « dans les plus brefs délais », cette unité de temps très populaire dans les administrations et les clubs de football algériens.
Macron n’est pourtant pas un atelier découvert au fond d’une ruelle de Bologne. Fondée en 1971, la marque italienne équipe des clubs professionnels dans plusieurs championnats européens, dont le Bologna FC. Elle sait fabriquer et expédier des maillots. Reste à les commander à temps.
L’excuse tient encore moins lorsque l’on regarde qui finance le club. Depuis avril 2016, le CSC appartient majoritairement à l’ENTP, entreprise parapétrolière détenue à 100 % par Sonatrach. Le Vieux Club est donc adossé au groupe public les mieux dotés du pays. On pouvait attendre d’une direction professionnelle qu’elle inscrive dans son agenda la fin du contrat de l’équipementier, fixée au 30 juin, et commande les nouvelles tenues avant la reprise. Macron habille des équipes. Il ne peut pas habiller l’imprévoyance.
En attendant, la présentation des nouveaux joueurs a été retardée. Les photos des entraînements aussi. La direction dit avoir pris cette décision pour « préserver l’image professionnelle du club ».
C’est une conception exigeante du professionnalisme. Un joueur peut s’entraîner sans maillot officiel, mais il ne doit surtout pas être vu en train de le faire. Le problème n’est donc pas le retard. Le problème serait qu’une photographie en apporte la preuve.
Pour présenter une recrue, une écharpe, un ancien maillot ou une veste suffisent généralement. Au CSC, la communication est désormais suspendue au suivi d’un colis venu d’Italie.
Le club voulait éviter une image amateur. Il publie à la place un long communiqué expliquant qu’il ne peut pas photographier ses professionnels parce qu’il n’a pas encore reçu leurs tenues. C’est plus élégant, sans doute. C’est surtout beaucoup plus drôle.
La direction assure néanmoins avoir agi dans l’intérêt de l’institution et de son histoire. Fondé en 1898, le CSC a survécu aux décennies, aux crises, aux changements de dirigeants et aux saisons compliquées.
La page Facebook du Club promet enfin de devenir la source de référence pour toutes les nouvelles du club. La première information est déjà tombée : au CSC, même la transparence doit attendre la livraison.