Le Crédit populaire d’Algérie (CPA) a choisi la continuité tout en resserrant sa gouvernance. Réuni le 3 août, son conseil d’administration a confié à Ali Kadri la poursuite de la gestion de la banque en qualité de président-directeur général, selon un communiqué publié par l’établissement. Il succède à Abdelkrim Mahtali à la présidence du conseil, tout en conservant la direction exécutive qu’il exerçait depuis mai 2021.
Cette nomination réunit entre les mêmes mains la présidence du conseil d’administration et la direction générale, jusque-là séparées. Elle intervient dans une banque désormais cotée, tenue de rendre des comptes à l’État, son actionnaire dominant, mais aussi aux investisseurs entrés au capital lors de l’offre publique de 2024.
L’opération avait permis de placer près de 49 millions d’actions et de lever plus de 112 milliards de dinars, soit 81,6 % des titres proposés.
Ali Kadri reste ainsi aux commandes au moment où le CPA affiche des résultats records. Pour 2025, la banque a annoncé un produit net bancaire proche de 94 milliards de dinars, un bénéfice net de 48,2 milliards et un dividende de 175 dinars par action.
Cette rentabilité doit toutefois être rapportée à la structure du bilan. Twala avait relevé que le CPA détenait déjà 830 milliards de dinars de titres publics à la fin de 2024, soit plus du quart de son bilan, tandis que les crédits à la clientèle avaient reculé de 15,5 % sur l’année.
La feuille de route d’Ali Kadri sera donc de démontrer qu’une banque publique cotée peut convertir sa rente financière en crédits, en services et en croissance durable. Le communiqué promet la continuité. Les actionnaires, eux, attendront désormais des résultats mesurables.