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L’Algérie dote le Niger d’une capacité aérienne de combat


L’Algérie a livré dimanche quatre hélicoptères militaires au Niger, dans un geste qui donne une dimension opérationnelle au rapprochement engagé ces derniers mois entre Alger et Niamey.

Selon le ministère de la Défense nationale (MDN), deux hélicoptères d’attaque Mi-24V et deux Mi-171 ont décollé le 9 août de la base d’In Guezzam, dans l’extrême sud algérien, à destination de Niamey. Une cargaison de munitions destinées aux appareils, ainsi que des pièces de rechange, du matériel de maintenance et des équipements de soutien logistique, a également été acheminée par avion militaire.

Le transfert a été décidé sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune et exécuté sur ordre du chef d’état-major, Saïd Chanegriha. Le communiqué du MDN le présente comme une contribution au renforcement de la coopération stratégique avec le Niger, notamment dans les domaines de la défense et de la sécurité.

La composition de la donation va au-delà d’un geste symbolique. Les Mi-24V sont des hélicoptères de combat et d’appui au sol, tandis que les Mi-171 sont principalement utilisés pour le transport de troupes, la logistique et les évacuations. L’ajout de munitions, de pièces détachées et de moyens de maintenance vise à fournir à l’armée nigérienne une capacité immédiatement utilisable.

Niamey, premier rideau de sécurité au sud

L’enjeu dépasse également la relation bilatérale. Le Niger partage avec l’Algérie une longue frontière saharienne exposée aux mouvements de groupes armés, aux trafics et à la criminalité transfrontalière. Renforcer les capacités de l’armée nigérienne revient aussi à consolider un premier rideau de sécurité au sud du territoire algérien.

Cette livraison intervient alors que l’Algérie cherche à restaurer son influence au Sahel après une période de fortes tensions avec les pays de l’Alliance des États du Sahel. Le rapprochement avec Niamey s’est accéléré depuis le début de l’année, parallèlement à la relance de projets économiques et d’infrastructures communs, notamment le gazoduc transsaharien, la route transsaharienne et la fibre optique reliant les deux pays.

Avec ces quatre appareils, la coopération change de registre. Après la diplomatie et les projets transfrontaliers, l’Algérie engage désormais des moyens militaires concrets pour réinvestir son voisinage sahélien.