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Budget 2027 : l’enseignement supérieur reçoit six fois plus de crédits que la formation professionnelle


Le gouvernement prévoit d’affecter 136,9 milliards de dinars au ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels en 2027, contre 847,3 milliards de dinars au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Selon le tableau B du projet de loi de finances, les crédits de paiement accordés au second ministère sont 6,2 fois supérieurs à ceux de la formation professionnelle.

Sur les 17 882,6 milliards de dinars de crédits de paiement prévus dans le budget de l’État, la formation professionnelle représente 0,77 % du total, contre 4,74 % pour l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.

Le budget de la formation professionnelle comprend 102,5 milliards de dinars pour le développement de la formation et l’amélioration de l’employabilité des apprenants, 18,6 milliards pour leur accompagnement et 15,8 milliards pour l’administration générale.

L’enseignement supérieur bénéficie de 591,4 milliards de dinars pour l’enseignement et la formation universitaires, de 203 milliards pour la vie étudiante et de 49,7 milliards pour la recherche scientifique et le développement technologique. Les 3,2 milliards restants sont consacrés à l’administration générale.

L’Algérie compte environ un stagiaire de la formation professionnelle pour trois étudiants universitaires. À la rentrée 2026-2027, l’enseignement supérieur accueillait 1,88 million d’étudiants, contre 660 000 stagiaires recensés dans la formation professionnelle en novembre 2025. Les effectifs des deux secteurs sont donc dans un rapport de un à trois, tandis que les crédits budgétaires qui leur sont accordés pour 2027 présentent un écart de un à six.

Des missions et des effectifs différents

L’écart entre les deux budgets ne signifie pas que l’État dépense six fois plus pour former un étudiant à l’université qu’un stagiaire de la formation professionnelle. Les effectifs accueillis, les infrastructures financées et les missions des deux ministères diffèrent.

L’enseignement supérieur prend notamment en charge les universités, les œuvres sociales étudiantes et la recherche scientifique. La formation professionnelle finance, de son côté, un réseau d’établissements et de dispositifs d’apprentissage destinés à préparer les jeunes à des métiers techniques et professionnels.

La formation professionnelle intervient notamment dans la préparation des ouvriers qualifiés et des techniciens dont ont besoin l’industrie, le bâtiment, la maintenance, l’énergie et les services spécialisés.

Le gouvernement entend développer la production industrielle nationale et réduire le recours aux importations. La disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée constitue l’une des conditions de ce développement, particulièrement dans les métiers techniques.

Le tableau B du projet de loi de finances ne précise toutefois ni le nombre de stagiaires concernés par les crédits alloués, ni le coût moyen de leur formation, ni la part des dépenses consacrée à la modernisation des équipements pédagogiques.