Le gouvernement prévoit une enveloppe de 2 060 milliards de dinars pour les dépenses imprévues et les crédits non répartis en 2027, soit 11,5 % du budget de l’État. Ces crédits, inscrits dans le portefeuille de programmes du ministère des Finances, ne sont pas affectés à des dépenses sectorielles précises au moment de la présentation du projet de loi de finances.
À titre de comparaison, cette enveloppe dépasse le budget du ministère de l’Éducation nationale, doté de 1 875,3 milliards de dinars, ainsi que ceux de la Santé et de l’Enseignement supérieur.
Les crédits prévus pour 2027 augmentent de 329,8 milliards de dinars, soit 19,1 %, par rapport aux crédits révisés de 2026, ramenés à 1 730,2 milliards. Ils restent toutefois inférieurs de 58,85 milliards de dinars à l’enveloppe initialement votée pour 2026.
Le ministère des Finances explique que ces crédits serviront notamment à financer les interventions rendues nécessaires par des événements imprévus, comme les intempéries, les incendies de forêt, les inondations ou les séismes.
Mais cette enveloppe ne se limite pas aux catastrophes naturelles. Elle doit également financer des provisions stratégiques, d’éventuelles révisions des régimes indemnitaires et la poursuite de programmes de rattrapage territorial décidés par les pouvoirs publics.
Plus de 11 % du budget sans répartition détaillée
Contrairement aux crédits attribués directement aux ministères et à leurs programmes, les 2 060 milliards de dinars seront répartis en fonction des besoins et des décisions prises pendant l’exercice budgétaire, selon les procédures prévues pour l’exécution du budget.
Ce mécanisme est déjà utilisé en cours d’année. En 2026, plusieurs décrets présidentiels ont ainsi transféré des sommes prélevées sur la dotation « Montant non assigné » des dépenses imprévues vers différents programmes, notamment la Sûreté nationale, l’agriculture ou encore les infrastructures maritimes.
Le rapport de présentation du PLF 2027 ne précise pas les montants susceptibles d’être consacrés aux catastrophes naturelles, aux provisions stratégiques, aux mesures indemnitaires ou aux programmes de rattrapage territorial.
Le gouvernement prévoit de maintenir cette catégorie de dépenses à un niveau comparable au cours des exercices suivants, avec 2 040 milliards de dinars en 2028 et 2 114 milliards en 2029, selon ses projections budgétaires.
Sur les 17 882,6 milliards de dinars de dépenses prévues pour 2027, plus d’un dinar sur dix figure ainsi dans une enveloppe dont la destination précise sera déterminée ultérieurement.