La Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), l’un des rouages les plus sensibles de l’appareil militaire algérien, change une nouvelle fois de patron. Le général Noureddine Maâche a été installé lundi 28 septembre à sa tête par le chef d’état-major, Saïd Chanegriha, selon le ministère de la Défense.
Il succède au général Ibrahim Abbas, nommé le 13 décembre 2025 en remplacement de Mahrez Djeribi. Abbas aura donc dirigé la DCSA moins de dix mois. Lors de son installation, le ministère de la Défense avait précisé que sa nomination résultait d’un décret présidentiel du 8 décembre 2025.
Cette nouvelle rotation prolonge un turnover particulièrement élevé à la tête du renseignement militaire depuis 2019. Cette année-là, en pleine crise politique du Hirak, plusieurs responsables s’étaient succédé. Sid-Ali Ould Zemirli avait été remplacé par le colonel Boubekeur, lui-même remplacé moins de deux mois plus tard par Abdelwahab Babouri avant le retour de Sid-Ali Ould Zemirli en mars 2020.
Ould Zemirli restera en poste jusqu’en septembre 2022. Le ministère de la Défense avait alors officiellement installé Abdelaziz Nouiouet Chouiter à sa place. Six mois plus tard, le 11 mars 2023, Chouiter cédait à son tour le poste au colonel Mahrez Djeribi, d’abord nommé par intérim. Djeribi restera jusqu’en décembre 2025, date de l’arrivée d’Ibrahim Abbas.
En comptant le nouveau directeur, au moins sept hommes ont ainsi occupé la tête de la DCSA depuis le début de 2019, Sid-Ali Ould Zemirli y ayant effectué deux passages. La fréquence des changements contraste avec les longues périodes de stabilité qui avaient autrefois caractérisé la direction de ce service.
Les communiqués officiels accompagnant ces nominations ne donnent pas d’éléments sur les raisons des remplacements. Le nouveau changement intervient moins d’un an après l’arrivée d’Abbas et confirme, à tout le moins, que la direction chargée de la sécurité et du renseignement militaires reste soumise à des rotations rapides de ses responsables.