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Allemagne : l’AfD à 44 %, le mur dressé autour de l’extrême droite commence à craquer


L’Allemagne avait construit un mur politique autour de l’extrême droite. En Saxe-Anhalt, il tient encore. Mais avec 43,8 % des voix pour l’Alternative für Deutschland (AfD), il n’a jamais paru aussi fragile.

Le parti d’extrême droite a remporté dimanche 6 septembre une victoire sans précédent dans ce Land de l’est du pays. Avec 39 sièges sur 83, il échoue à trois sièges seulement de la majorité absolue. La CDU du chancelier Friedrich Merz, qui gouverne la région depuis 2002, s’effondre à 17,2 %. Merz a reconnu lundi un résultat qui ébranle son parti « jusque dans ses fondations ».

Le problème dépasse désormais la Saxe-Anhalt. Depuis des années, les principaux partis allemands appliquent à l’AfD la « Brandmauer », littéralement le mur coupe-feu : aucune coalition, aucun accord permettant à l’extrême droite d’accéder au pouvoir.

Dimanche, les électeurs n’ont pas abattu ce mur, mais ils l’ont placé sous une pression inédite.

L’AfD n’a besoin que de quelques élus supplémentaires pour gouverner. Ses dirigeants ont immédiatement tendu la main aux députés de la CDU afin de constituer ce qu’ils présentent comme une « majorité conservatrice de centre droit ». Le BSW de Sahra Wagenknecht, formation populiste de gauche qui partage avec l’AfD son hostilité à l’immigration de masse et au soutien allemand à l’Ukraine, est le seul parti à avoir ouvertement envisagé une coopération.

Une victoire régionale, un signal national

Friedrich Merz a réaffirmé lundi qu’il excluait tout accord avec l’AfD. Mais le rapport de forces devient difficile à contourner. Le parti d’Ulrich Siegmund représente désormais près d’un électeur sur deux en Saxe-Anhalt et a plus de deux fois le score de la CDU.

La victoire est d’autant plus lourde symboliquement que la branche régionale de l’AfD est classée comme extrémiste de droite par les services de renseignement du Land, qualification que le parti conteste. Son programme combine durcissement massif de l’immigration, rapprochement avec Moscou et arrêt du soutien à l’Ukraine.

La Saxe-Anhalt ne compte qu’un peu plus de deux millions d’habitants. Mais le signal envoyé à Berlin est national. L’AfD veut faire de cette victoire la première étape vers le pouvoir fédéral en 2029. Pour Merz, le danger est de devoir maintenir un cordon sanitaire autour d’un parti qui, dans une partie de l’Allemagne, est devenu de très loin le premier parti.