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Après seize ans d’exil artistique, Assala remonte sur scène à Damas


La chanteuse syrienne Assala Nasri a retrouvé jeudi la scène de Damas après seize années d’absence, un retour chargé de symbole pour l’une des artistes arabes qui avaient publiquement soutenu le soulèvement contre le régime de Bachar al-Assad dès 2011.

Devant plusieurs milliers de spectateurs réunis à la salle Al-Fayhaa, Assala a ouvert son concert avec « Erfa‘ Rasak Foq » avant d’interpréter des titres de son répertoire et de son nouvel « Album syrien », composé de 14 chansons inspirées des traditions musicales des différentes régions du pays.

Née à Damas en 1969, la chanteuse ne s’était plus produite officiellement en Syrie depuis février 2010. Son soutien aux protestations de 2011 et son opposition déclarée au pouvoir de Bachar al-Assad l’avaient tenue éloignée du pays pendant plus d’une décennie. Elle avait notamment été exclue du syndicat syrien des artistes sous l’ancien régime.

Son retour a été préparé sous le slogan « Awdat al-Assala », « le retour d’Assala », avec une importante campagne d’affichage à Damas. Le ministère syrien de la Culture et le syndicat des artistes parrainent les concerts, dont la moitié des recettes doit être reversée à des associations caritatives.

Avant le concert, plusieurs prédicateurs salafistes avaient réclamé son annulation, dénonçant la tenue de spectacles musicaux et appelant les autorités à y mettre fin. Le ministère de la Culture avait maintenu son soutien à l’événement, dont les billets avaient été annoncés épuisés.

La controverse s’est poursuivie après le spectacle. Vendredi, des dizaines de prédicateurs ont consacré une partie de leurs prêches au concert d’Assala, critiquant aussi bien sa tenue que le prix des billets et les priorités du gouvernement. Le concert d’Assala a surtout révélé les tensions qui entourent encore la place de la musique dans la Syrie de l’après-Assad.