Les États-Unis ont imposé un droit compensateur de 73,33 % aux importations de fil machine en acier au carbone et allié en provenance d’Algérie, au terme d’une enquête ayant principalement visé Algerian Qatari Steel (AQS), selon une décision définitive du département américain du Commerce publiée vendredi.
Washington estime que les producteurs algériens bénéficient de subventions susceptibles de faire l’objet de mesures compensatoires. Le taux de 73,33 % s’applique à AQS, installée à Bellara dans la wilaya de Jijel, ainsi qu’à tous les autres producteurs et exportateurs algériens concernés.
Ce taux ne résulte toutefois pas du calcul direct d’un niveau de subvention de 73,33 %. Le Commerce précise qu’il a été établi à partir des informations disponibles assorties d’« inférences défavorables », une procédure utilisée lorsque l’entreprise examinée ne fournit pas les éléments jugés nécessaires à l’enquête. Aucun commentaire n’ayant été déposé après la décision préliminaire de juillet, le taux a été maintenu sans modification.
Les États-Unis avaient importé d’Algérie près de 29.805 tonnes de fil machine en 2025 pour 15,6 millions de dollars, contre 48.728 tonnes et 26,6 millions de dollars en 2024.
La procédure présente une particularité. Aucune décision de la Commission américaine du commerce international sur un éventuel préjudice subi par l’industrie américaine n’est requise, l’Algérie n’étant pas considérée par Washington comme un « Subsidies Agreement country » au sens de sa législation commerciale. L’ordonnance de droits compensateurs entre donc directement en vigueur.
AQS avait annoncé avoir exporté près de 700.000 tonnes de produits sidérurgiques vers 36 pays en 2024, pour plus de 360 millions de dollars.