Chargement ...

Cinémathèque algérienne, un marché annulé et une nouvelle attribution à la même entreprise


Le Centre algérien de la cinématographie (CAC) cherche toujours à acquérir des équipements pour vérifier et restaurer ses films. Un avis publié le 22 octobre ouvre une nouvelle procédure. Les précédentes ont déjà conduit à une attribution de près de 50 millions de dinars, à son annulation, puis à un appel d’offres resté sans candidat.

En septembre 2025, le CAC avait provisoirement retenu EURL Algérie Univers Numérique pour fournir ces matériels, pour un montant de 49 973 566,75 dinars et un délai de livraison de 90 jours. L’entreprise était l’unique soumissionnaire retenu. L’établissement avait publié une deuxième rectification de l’évaluation technique, faisant passer sa note de 85,9 à 96,9 points sur 100.

L’attribution a finalement été annulée. Dans un avis retrouvé dans les archives des annonces légales, le CAC explique qu’après vérification des dossiers, le registre du commerce de l’entreprise ne comportait pas « l’un des codes d’activité requis ». Le document affiche une note de 96,6 points, différente de celle figurant dans la précédente rectification. Il ne fournit aucune explication sur cet écart.

La procédure soulève une difficulté : la candidature a été évaluée puis provisoirement retenue avant que l’absence d’un code d’activité exigé ne soit constatée. L’avis ne précise pas pourquoi cette vérification n’est intervenue qu’après la sélection.

Le CAC a remis l’acquisition en concurrence en août 2026, sous le numéro 02/2026. Cette fois, personne ne s’est présenté. Un avis d’infructuosité publié en octobre indique qu’aucun opérateur n’a déposé d’offre dans les délais.

Un nouvel avis, paru le 22 octobre, relance la procédure. Il accorde 21 jours aux candidats pour déposer leurs offres et exige notamment une référence dans un projet similaire ainsi qu’un chiffre d’affaires annuel moyen supérieur à cinq millions de dinars.

La même entreprise retenue sur un autre marché

Parallèlement, le CAC a engagé un autre marché consacré à la restauration, à la reproduction et à la numérisation de son patrimoine filmique et documentaire. Twala avait rendu compte en mai du lancement d’une première consultation pour ces prestations.

Un avis officiel publié le 7 octobre 2026 dans Le Jeune Indépendant révèle que ce second chantier a été provisoirement attribué à EURL Algérie Univers Numérique, la même entreprise dont l’attribution pour la fourniture d’équipements avait été annulée en 2025.

Le montant atteint 86 715 300 dinars, pour un délai d’exécution de douze mois. L’entreprise a obtenu une note de 88 points sur 100. L’avis, établi après la réunion de la commission d’évaluation du 30 septembre, présente sa proposition comme l’offre la moins-disante.

Cette nouvelle attribution soulève une autre question. Le cahier des charges exige un chiffre d’affaires d’au moins neuf millions de dinars, justifié par les bilans ou déclarations fiscales des trois meilleures années entre 2021 et 2025. Or, créée en octobre 2024, Algérie Univers Numérique ne pouvait produire que deux exercices au maximum sur cette période.

Les deux marchés portent sur des objets distincts et peuvent répondre à des critères de qualification différents. Reste à savoir sur quelles capacités et références Algérie Univers Numérique a été retenue pour les prestations de restauration et de numérisation.

Le CAC devra aussi expliquer comment il entend articuler l’acquisition de ses propres équipements, toujours en attente d’attribution, avec un marché de prestations de près de 87 millions de dinars.