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Importations : Tebboune voit un « plan » contre l’économie derrière les 130 milliards du ministère de Rezig


Il aura fallu quarante-huit heures pour passer de l’anomalie statistique au « plan » contre l’économie nationale. Abdelmadjid Tebboune a convoqué lundi le Premier ministre et plusieurs responsables des secteurs du Commerce et des Finances après la publication de demandes d’importation totalisant 130,32 milliards de dollars, déposées par moins de 4 000 petites entreprises.

La présidence ordonne des mesures contre les auteurs de « déclarations mensongères » qui viseraient à « épuiser le Trésor public », dans le cadre d’un « plan minutieusement préparé pour frapper l’infrastructure de l’économie nationale ». Aucun auteur, réseau ni mécanisme de ce plan n’a été rendu public à ce stade.

L’affaire avait commencé par un chiffre suffisamment gros pour provoquer l’alarme. Le ministère du Commerce extérieur avait annoncé que 3 961 opérateurs employant entre zéro et cinq salariés avaient inscrit dans leurs programmes prévisionnels d’importation pour le second semestre 2026 des besoins atteignant 130,32 milliards de dollars.

Le montant mérite cependant une précision essentielle : 130 milliards de dollars n’ont pas été importés, transférés à l’étranger ou même autorisés. Il s’agit de demandes introduites auprès de l’administration. Autrement dit, le chiffre mesure ce que les opérateurs ont déclaré vouloir importer, pas ce que l’Algérie a payé.

Fraude réelle, récit politique à vérifier

Les soupçons ne sortent pas de nulle part. Quelques jours auparavant, le même ministère avait indiqué que son audit numérique avait repéré des opérateurs déclarant les mêmes coordonnées géographiques pour plusieurs unités de production et des sociétés dont les contrôleurs n’avaient trouvé aucune existence réelle sur le terrain.

Fraudes, sociétés fictives et besoins artificiellement gonflés doivent être sanctionnés. Mais le communiqué présidentiel franchit un cran supplémentaire : des irrégularités détectées dans un dispositif administratif deviennent désormais les éléments d’une attaque organisée contre l’économie.

Reste à documenter cette accusation. La présidence n’a précisé ni combien des 3 961 dossiers seraient frauduleux, ni le montant réellement en jeu, ni comment des demandes qui doivent encore être contrôlées et autorisées auraient pu « épuiser le Trésor public ». Le chiffre impressionne. Il reste à montrer par quel mécanisme il aurait pu devenir une menace pour les finances publiques.