Les menaces du ministre du commerce contre les boulangers qui procéderaient de leur seul chef à l’augmentation du prix de la baguette de pain ordinaire n’ont finalement pas dissuadé grand monde.
Dans plusieurs localités de la wilaya de Tizi Ouzou où une longue grève a été observée pour réclamer la révision du prix du pain, le prix de la baguette est fixé à 15 dinars. Au vu et au su des autorités qui semblent désarmées devant cet état de fait. Ce qui est une règle absolu dans ces localités finira assurément par le devenir partout.
Or, c’est déjà presque le cas. Dans plusieurs régions du pays, notamment la capitale, acheter une baguette de pain à 10 dinars relève d’une véritable gageure, pour la simple raison qu’elle est de moins en moins proposée à ce prix là.
N’étant pas autorisés à opérer l’augmentation qu’ils ont maintes fois réclamés, les boulangers ont trouvé un moyen d’y procéder sans avoir d’y faire.
Leur trouvaille ? Préparer une petite quantité de pain ordinaire, juste de quoi se prémunir contre l’amende ou la fermeture administrative, pour consacrer le gros de leurs préparations au pain dit « amélioré », dont l’entrée de gamme est à 15 dinars.
Au niveau de certaines boulangeries, on ne s’en cache même plus. Il en est ainsi de cette boulangerie à la cité Les Bananiers de Mohammedia à Alger qui ne s’est pas gênée d’afficher que le pain ordinaire est vendus uniquement à ces deux horaires précis : 9h30 et 11h30.
Le reste de la journée, seuls les pains dits « améliorés » sont proposés à la clientèle qui, du coup, se trouve prise dans le pétrin des boulangers peu scrupuleux.
Au niveau des magasins dits « dépôts de pain », une invention typiquement algérienne, cela fait belle lurette que le prix du pain a augmenté. En l’absence de rigueur dans les contrôles, cette hausse du prix de la baguette de pain s’est imposée graduellement.