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Une première femme à la tête de l’APN, dans un Parlement sans surprise


Khalida Boufedeche, épouse Kefsi, est devenue, ce mardi, la première femme de l’histoire de l’Algérie à présider l’Assemblée populaire nationale. La députée du FLN, élue dans la circonscription d’Alger, a été largement portée au perchoir dès l’ouverture de la dixième législature. Une première institutionnelle incontestable, obtenue au terme d’un scrutin dont le résultat ne faisait toutefois plus aucun doute avant même l’entrée des députés dans l’hémicycle.

Les élus du FLN, du RND, du Front El Moustakbal et du mouvement El Binaa avaient été appelés à voter pour elle. Face à cette coalition parlementaire, les candidatures présentées par le MSP et le RCD relevaient davantage de l’affichage politique que d’une véritable compétition. Le FFS a choisi, pour sa part, de s’abstenir.

Une majorité formée avant la séance

Le vote consacre donc une femme, mais aussi un mécanisme bien connu de l’APN. La majorité se forme en amont, les consignes descendent des directions partisanes et la séance publique enregistre un accord déjà négocié. Le plafond de verre a été brisé. Le suspense parlementaire, lui, n’a jamais commencé.

La portée symbolique de l’élection reste néanmoins considérable. Depuis l’indépendance, aucune femme n’avait dirigé la chambre basse du Parlement. Médecin de formation, née le 27 mai 1982, mariée et mère de deux filles, Khalida Boufedeche est diplômée en médecine générale de l’Université d’Alger depuis 2008. Elle s’est ensuite spécialisée en allergologie et en immunologie clinique.

Du parcours médical à l’appareil du FLN

Son parcours professionnel l’a conduite de l’établissement hospitalier d’Aïn Taya au CHU de Béni Messous, avant sa nomination, en 2023, comme cheffe de service à la Direction de la santé de la wilaya d’Alger. Son ascension politique a suivi les échelons du système local. Élue à l’APC de Bordj El Bahri entre 2012 et 2017, elle a rejoint l’APW d’Alger en 2021, avant d’être élue députée sous l’étiquette du FLN.

Membre du comité central du parti, elle préside également la commission des femmes de la mouhafadha de Dar El Beïda. Son arrivée au sommet de l’APN ne constitue donc pas l’irruption d’une personnalité extérieure à l’appareil, mais l’aboutissement d’une carrière construite au sein du parti qui domine encore la chambre basse.

Le vrai test : faire vivre le Parlement

L’événement intervient dans une Assemblée de 407 sièges issue des législatives du 2 juillet, marquées par une participation officielle de seulement 21,24 %. Près de quatre électeurs sur cinq sont restés à l’écart du scrutin. Cette faible assise populaire relativise le triomphalisme qui accompagne généralement l’installation d’une nouvelle législature.

Khalida Boufedeche-Kefsi entre dans l’histoire algérienne parce qu’elle est une femme. Elle devra désormais démontrer qu’elle peut aussi modifier le fonctionnement d’une institution généralement docile face à l’exécutif. Le véritable précédent ne serait pas seulement qu’une femme occupe le perchoir. Ce serait que, sous sa présidence, l’APN commence enfin à se comporter comme un Parlement.