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Transferts de la diaspora, l’écart de change pousse l’argent hors des banques


L’Algérie a enregistré 1,799 milliard de dollars de transferts personnels reçus en 2024, soit environ 4 % de ses exportations et 1 % de son PIB, selon le rapport Sending Money Home 2026 de l’IFAD. Le rapport inscrit ce montant dans une colonne intitulée « 2025* », tout en précisant que l’année correspond à la dernière donnée disponible. Pour l’Algérie, il s’agit de 2024.

Les transferts sont passés de 1,705 milliard de dollars en 2022 à 1,868 milliard en 2023, avant de redescendre à 1,799 milliard en 2024. La baisse sur dix ans ne correspond donc pas à un effondrement récent.

L’Algérie fait toutefois figure d’exception en Afrique du Nord. Sur la même période, les transferts reçus par l’Égypte ont progressé de 123 %, ceux du Maroc de 114 % et ceux de la Tunisie de 79 %. L’Algérie ne fait plus partie des cinq premiers bénéficiaires africains, un classement désormais occupé par l’Éthiopie et le Kenya.

Le rapport évalue à 1,3 % le coût d’un transfert de 200 dollars vers l’Algérie via un opérateur non bancaire, contre 7,3 % en moyenne pour l’Afrique du Nord. Les commissions sont donc secondaires. Le problème se situe à l’arrivée, dans la valeur obtenue en dinars.

Ce que les statistiques ne voient pas

Le facteur central est l’écart entre le taux de change officiel et le taux parallèle. Le FMI estime que la prime du marché parallèle est passée d’environ 50 % à 70 % en deux ans. Dans ces conditions, un migrant qui passe par une banque ou un opérateur formel voit son argent converti au taux officiel. Un transfert en liquide ou par un intermédiaire informel peut, lui, permettre au bénéficiaire d’obtenir davantage de dinars.

Cette différence crée une incitation directe à contourner les circuits bancaires. L’IFAD souligne d’ailleurs que les transferts réalisés par des canaux informels sont largement exclus des statistiques officielles et que ses estimations sous-estiment probablement les flux réels.

Le rapport ne mesure pas la part des sommes transportées en liquide, des arrangements entre proches ou des autres circuits non déclarés. Le chiffre de 1,8 milliard de dollars doit ainsi être lu comme le montant enregistré par les circuits formels, et non comme le total de l’argent envoyé par la diaspora algérienne.