Le département d’État américain a approuvé une possible vente à Riyad de 48 F-35 Lightning II à décollage et atterrissage conventionnels et de 49 moteurs Pratt & Whitney F135. Le paquet comprend aussi des équipements de communication, des logiciels, des simulateurs, de la formation, des pièces de rechange et de la maintenance, selon la notification officielle américaine.
La notification ouvre le délai d’examen du Congrès, qui peut tenter de bloquer ou de modifier l’opération par une résolution conjointe. Selon le Congressional Research Service, aucune vente d’armes n’a toutefois été empêchée par cette procédure. Le texte public ne précise pas les armements associés aux appareils.
Une fois la vente finalisée et les avions livrés, l’Arabie saoudite deviendra le premier pays arabe à exploiter le F-35. Israël reste le seul pays du Moyen-Orient à l’utiliser. Mais Washington n’a pas toujours fermé la porte aux partenaires arabes.
Israël, premier verrou politique
En 2020, l’administration Trump avait autorisé une possible vente de 50 appareils aux Émirats arabes unis, selon Defense News. Le projet n’a jamais abouti après la suspension des discussions par Abou Dhabi en 2021, sur fond de désaccords concernant les restrictions opérationnelles, les exigences techniques et les garanties liées à la Chine, comme l’a rapporté Reuters.
Donald Trump avait rendu public le dossier saoudien le 17 novembre 2025, à la veille de sa rencontre avec le prince héritier Mohammed ben Salmane. La notification transforme cette promesse politique en procédure administrative, sans lever les principaux obstacles.
Le premier est israélien. La loi américaine impose à l’exécutif de préserver l’avantage militaire qualitatif d’Israël. Selon Reuters, les appareils saoudiens seraient privés de certaines capacités avancées dans les armements et la guerre électronique. Riyad ne devrait probablement pas recevoir le missile air-air AIM-260.
La Chine, deuxième inquiétude américaine
Le second obstacle est chinois. Des responsables américains cités par le New York Times ont évoqué la présence de personnels chinois sur des sites saoudiens, l’usage de technologies chinoises dans les télécommunications et une coopération balistique entre les deux pays.
Dans un contexte de guerre régionale et de reprise des attaques houthis, Riyad présente l’accord comme un renforcement de sa défense. Les autorités saoudiennes ont annoncé l’interception d’un drone en direction de La Mecque, ce que les Houthis ont démenti, selon Al Jazeera.
Les F-35 ne répondront toutefois pas à l’urgence antimissile : production, formation et infrastructures prendront plusieurs années. Pour Washington, la notification est donc à la fois un signal politique adressé à Riyad et un test de ses garanties envers le Congrès, Israël et la Chine.