La justice algérienne a confirmé, ce dimanche 15 mars, de lourdes condamnations dans l’affaire de corruption financière impliquant les frères Aissiou, anciens propriétaires de la chaîne de télévision privée El-Djazaïria One, aujourd’hui en fuite à l’étranger.
La Cour d’Alger, statuant en appel, a entériné le jugement rendu le 17 décembre 2025 par le pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption près le tribunal de Sidi M’hamed. L’homme d’affaires Ayoub Aissiou a ainsi vu sa condamnation par défaut à 20 ans de prison ferme confirmée. Son épouse Yasmine Ould Zemirli et ses cinq frères écopent de 15 ans de prison, tandis que son beau-père, l’ancien sénateur Bachir Ould Zemirli, est condamné à sept ans de prison.
Les prévenus sont poursuivis pour blanchiment d’argent en bande organisée, dissipation de produits de crimes et transfert illicite de fonds vers l’étranger.
Lors de l’audience d’appel, tenue dimanche 8 mars après deux renvois, un seul prévenu était présent à la barre : Bachir Ould Zemirli. Les autres, tous en fuite, étaient absents, tout comme les représentants juridiques des 18 sociétés liées à Ayoub Aissiou et à sa famille.
Au cœur du dossier figure notamment la société de promotion immobilière Clic Promotion. Selon l’accusation, cette structure avait servi à faire circuler des fonds d’origine criminelle dans le cadre de projets immobiliers. Bachir Ould Zemirli conteste ces accusations et affirme être l’unique propriétaire de la société depuis son rachat en 2014.
Lors du procès, le parquet avait requis les peines les plus lourdes contre les prévenus en fuite, tandis que le Trésor public a réclamé 500 millions de dinars au titre du préjudice subi.