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Mouton de l’Aïd en Algérie : de l’étable au souk, le prix se détraque

Entre 80 000 et 140 000 dinars pour un animal dont le coût de production tourne souvent autour de 45 000 à 60 000 DA, le mouton de l’Aïd raconte plus qu’une flambée saisonnière. Il révèle une filière opaque, un cheptel affaibli par les années sèches, une offre retenue par le retour des pâturages, des circuits de revente puissants et une fracture sociale au cœur du rituel.


Des moutons destinés à l’Aïd El-Adha dans un souk en Algérie, où les prix flambent sous l’effet de la spéculation, des intermédiaires et de la faiblesse du cheptel.
Marché à bestiaux.

Il est cinq heures du matin à Sidi Bel-Abbès. La ville dort encore, mais le grand marché à bestiaux de l’Oranie est déjà en mouvement. Des camions bâchés déversent des centaines de têtes dans la poussière beige des enclos. Les maquignons parlent vite, à voix basse, les yeux dans les yeux. Les prix se chuchotent avant de se crier. Ce qui se décide ici, à l’aube, dans cette étendue poussiéreuse qui ressemble à un chantier de fortune, pèsera dans quelques semaines sur le budget de millions de familles.