Il est cinq heures du matin à Sidi Bel-Abbès. La ville dort encore, mais le grand marché à bestiaux de l’Oranie est déjà en mouvement. Des camions bâchés déversent des centaines de têtes dans la poussière beige des enclos. Les maquignons parlent vite, à voix basse, les yeux dans les yeux. Les prix se chuchotent avant de se crier. Ce qui se décide ici, à l’aube, dans cette étendue poussiéreuse qui ressemble à un chantier de fortune, pèsera dans quelques semaines sur le budget de millions de familles.