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Cannes 79, journal d’un envoyé spécial algérien : l’exil et les royaumes perdus, 3/8

À Cannes, l’exil traverse les films comme une blessure et une promesse. De Pawlikowski à Balagov, de Farhadi à Sofia Djama, il déplace les cinéastes, leurs langues et leurs pays intérieurs. Mais il révèle aussi une inquiétude plus proche de nous : que devient un cinéma quand il ne peut plus se tourner sur sa propre terre, et que perd-il quand son pays devient décor absent ?


Image en noir et blanc de Fatherland de Paweł Pawlikowski, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2026.
Dans Fatherland, Paweł Pawlikowski revient aux fantômes européens de l’exil, entre ruines allemandes et fidélités impossibles. Photo/Agata Grzybowska / Festival de Cannes

L’exil, le réalisateur Paweł Pawlikowski l’a subi très jeune. En 1971, sa mère, professeure d’anglais à l’université de Varsovie, décide de passer à l’Ouest, comme on disait à l’époque de la Guerre froide. Elle laisse derrière elle son mari médecin, qui a fait le choix de rester au pays, et entraîne dans sa fuite son fils, le jeune Paweł, alors âgé de 14 ans.