Kamel Aissat, professeur de microbiologie à l’université, sera jugé le 3 décembre prochain par le tribunal correctionnel d’Amizour près de la Cour de Béjaïa pour «publications de nature de porter atteinte à la sécurité nationale et à nuire à l’intérêt national», a indiqué le lundi 27 novembre le Comité pour la libération des détenus (CNLD).
Militant du parti socialiste des travailleurs (PST), formation politique suspendu par les autorités, Kamel Aissat se trouve sous contrôle judiciaire depuis le lundi 17 juillet 2023 après avoir exprimé des réserves sur un projet d’extraction du plomb et du zinc dans la région de Tala Hamza, à Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa.
Il fait également l’objet d’une mesure d’Interdiction de sortie du territoire national (ISTN). Le professeur Aissat a, rappelons-le, été empêché le 12 juillet dernier d’embarquer à destination de Paris à partir de l’aéroport de Béjaïa.
Il a été reconduit et, par la suite, convoqué par la gendarmerie pour interrogatoire avant d’être déféré au parquet puis chez le juge d’instruction du tribunal d’Amizour.
Le projet d’extraction du plomb et du zinc du gisement de Tala Hamza, classé 5e au monde, a été attribué à une joint-venture algéro-australienne, Western Mediterranean Zinc (WMZ) détentrice du permis d’exploration.
Un décret exécutif portant déclaration d’utilité publique l’opération relative à l’exploitation de la mine et à la réalisation des infrastructures y afférentes, a été publié au Journal officiel n° 60, début 2023.
Le décret mentionne le caractère d’infrastructure d’ «intérêt général » et «d’envergure nationale et stratégique» de ce projet.