Finalement, ce n’est pas à l’amiable, comme annoncé par Walid Sadi sur son compte X, mais sur un clash que le désormais ex-sélectionneur national Djamel Belmadi et la Fédération algérienne de football (FAF) se séparent.
Après avoir accepté dans un premier temps un accord sur une séparation à l’amiable, Djamel Belmadi s’est rétracté. Il a quitté le pays sans démissionner, poussant la FAF à le licencier…pour pouvoir réclamer des indemnités, c’est-à-dire beaucoup d’argent.
Murée dans le silence pendant plusieurs jours, alors que les spéculations et les rumeurs allaient grossissant, la Fédération algérienne de football a enfin daigné éclairer l’opinion sur le cas Belmadi. Et c’est à travers un communiqué, publiée le mardi 30 janvier sur son site Internet, qu’elle a annoncée avoir mis un terme, de manière unilatéral, au contrat qui la liait à Djamel Belmadi. Un communiqué dont le ton est emprunt à la fois de colère et de déception.
Le président de la FAF – et fort assurément les autorités politiques algériennes – s’est senti leurré par l’ex-sélectionneur national qui, le soir même de l’élimination des Verts de la CAN2023, lui a donné sa parole de principe pour une séparation à l’amiable, avant de changer d’avis le lendemain, la nuit lui ayant porté (mauvais) conseil. Au plan moral, l’attitude de Belmadi est contestable. Après son échec, un de trop, il devait démissionner…sans chercher sans reste.
L’ex-sélectionneur national, plutôt que de rendre à une attitude de gentleman et partir sans faire de vagues, a préféré le calcul gourmand. En quittant le pays sans conclure un accord de séparation avec son employeur, il a calculé de pousser ce dernier à le licencier. Ainsi il pourra réclamer une compensation, des indemnités qui se chiffreront, à en croire les assertions qui ont circulé autour de ses mensualités, à plusieurs centaines de milliers d’euros. Il pourrait même, pour ce faire, saisir les instances arbitrales internationales.
La Fédération algérienne de football en est déçue. Elle ne le cache pas. Elle l’a écrit noir sur blanc. Une déception qui cache mal celle des dirigeants politiques qui ont rêvé d’utiliser l’exploit de l’EN comme carburant à une campagne électorale (présidentielle) qui approche.
« Guidé par le souci d’en finir avec la spirale des échecs renouvelés, il a été convenu à Bouaké d’une séparation à l’amiable entre les deux parties. Le sélectionneur qui, dans un premier temps, avait marqué son accord sur cette option, n’y a plus donné suite. La FAF considère son silence et son départ du territoire national comme un refus et se voit contrainte de tourner définitivement la page et de projeter désormais sur un nouveau sélectionneur et un nouveau staff technique seront désignés prochainement », a tranché la FAF.
L’instance dirigée par Walid Sadi dit aussi avoir « pris acte de cette posture (celle de Belmadi, ndlr) regrettable et se réserve désormais le droit d’en tirer les conséquences légitimes. Elle agira en fonction de la protection des intérêts majeurs du football national ».
La FAF, qui s’est retenu de préciser en quoi a consisté sa proposition de l’accord à l’amiable faite à Belmadi, ne dit pas si elle va payer les indemnités que ce dernier viendrait à réclamer ou le laisser porter le litige devant les instances sportives internationales concernées.
« Le parcours de l’équipe nationale peu glorieux »
Dans son communiqué annonçant la résiliation du contrat de Belmadi, la FAF a également évoqué le parcours de l’équipe nationale durant cette CAN mais également depuis l’échec de la CAN 2021 jouée au Cameroun. Le bilan qui en est fait par la fédération est, pour le moins qu’on puisse dire, des plus négatifs.
« La Fédération algérienne de football-FAF- a enregistré avec regret et déception le parcours de l’équipe nationale peu glorieux, en deçà des attentes du peuple algérien, lors su premier tour des groupes, à la coupe d’Afrique des nations (CAN Côte d’Ivoire 2023) », écrit, sentencieuse, la FAF.
La déception est, à l’évidence, d’autant plus grande au regard des moyens mis à la disposition de l’équipe nationale et de son staff technique.
« Au regard des moyens et des conditions matérielles is à disposition par l’Etat et la fédération algérienne de football, il était légitime d’en attendre, en retour, des prestations d’une tout autre stature. Pour la seconde fois consécutive (CAN2021 et CAN2023), l’équipe nationale n’a pas franchi le premier tour et s’est classée à la 4ème et dernière place du groupe. C’est là, un échec avéré, douloureux et difficilement acceptable, outre l’échec à la qualification à la coupe du monde 2022 », regrette la fédération, ajoutant que « la FAF qui a mis tous les moyens à la disposition du sélectionner national pour réaliser un parcours à la hauteur de la notoriété de l’équipe nationale, a enregistré avec beaucoup de regrets les bilans contraire aux attentes susceptibles d’impacter négativement l’image du football national ».
Soit, mais la Fédération algérienne de football n’était-elle pas complice de l’échec de Belmadi en Côte d’Ivoire ? N’aurait-elle pas dû le renvoyer en mars 2022, après qu’il ait lamentablement manqué de qualifier l’équipe nationale pour le mondial au Qatar ? À cette époque, on s’en souvient, Belmadi avait remis sa démission, laquelle avait été rejetée. À cette époque, le calcul politique a primé la réalité sportive. Ce qui est arrivé en terre ivoirienne n’en est que la conséquence.