Ce qui aurait dû être une distribution d’aide alimentaire dans la rue Al Rashid à Ghaza-city s’est métamorphosé en une scène de chaos et de violence inouïe. Le jeudi 29 février, lors d’une distribution d’aide alimentaire, des soldats israéliens ont ouvert le feu sur une foule affamée, tuant au moins 104 Palestiniens et blessant 760, selon le bilan officiel établi par le ministère de la Santé à Ghaza.
Le fait est que les Palestiniens de Ghaza subissent une pénurie alimentaire voulue par Israël – l’armée d’occupation y empêche l’acheminement de l’aide – , notamment au nord de l’enclave. Les organisations humanitaires avaient depuis longtemps averti des conséquences désastreuses d’une telle situation, mais leurs appels à l’aide sont souvent restés sans réponse.
L’émeute a éclaté lorsque les forces israéliennes ont tenté d’introduire un convoi d’aide alimentaire dans l’enclave assiégée. Des milliers de personnes se sont précipitées vers les camions de distribution, cherchant désespérément de la nourriture pour leurs familles affamées. Ils ont été confrontés à des tirs de soldats israéliens.
Les témoignages des survivants décrivent une scène de panique et de terreur. Des personnes ont été écrasées sous le poids de la foule en fuite, tandis que d’autres ont été touchées par des balles tirées les militaires israéliens. Les secours ont eu du mal à accéder aux victimes, et de nombreux blessés ont dû être transportés vers les hôpitaux dans des conditions désastreuses.
Emmanuel Macron, président français, a exprimé sa profonde indignation face à cet acte de violence injustifiable. Il a appelé à une enquête complète pour établir les responsabilités et à ce que justice soit rendue aux victimes et à leurs familles. De même, Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, a qualifié cet événement de « nouveau carnage » et a exigé un accès humanitaire sans entrave à Ghaza.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné les événements. « Nous ne savons pas exactement ce qui s’est passé. Mais que ces gens aient été tués par des tirs israéliens, qu’ils aient été écrasés par la foule ou renversés par des camions, ce sont des actes de violence, d’une certaine manière, liés à ce conflit », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole de Guterres, décrivant des morts survenues dans des « circonstances horribles ».
Interrogé jeudi sur ces dizaines de morts à Ghaza, le président américain, Joe Biden, a répondu : « Nous vérifions ça en ce moment. Il y a deux versions contradictoires de ce qui s’est produit. Je n’ai pas encore de réponse ».
« Nous sommes en contact avec le gouvernement israélien depuis tôt ce matin et comprenons qu’une enquête est en cours, a ensuite déclaré à la presse le porte-parole du département d’Etat, Matthew Miller. Nous suivrons cette enquête de près et nous ferons pression pour obtenir des réponses ».