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HM Consulting alerte sur l’effet de ciseau provoqué par l’Instruction 03-26


HM Consulting consacre une note d’analyse à l’Instruction 03-26 de la Banque d’Algérie, qui réduit de 100% à 50% des fonds propres réglementaires le plafond des engagements extérieurs par signature des banques et établissements financiers. Le cabinet y voit un resserrement susceptible de peser sur le financement du commerce extérieur, en particulier sur les banques privées et les importateurs.

Selon HM Consulting, cette instruction crée un « effet de ciseau bancaire » entre des besoins d’importation encore importants et une capacité d’émission d’engagements extérieurs désormais divisée par deux. La contrainte pourrait peser surtout sur les banques privées, dont le modèle repose largement sur le trade finance, avant de se transmettre aux entreprises importatrices sous forme de dépôts de garantie plus élevés, de trésorerie immobilisée et de délais opérationnels plus lourds.

Le décalage des fonds propres

Le diagnostic est celui d’un déséquilibre accumulé. Les besoins d’importation ont progressé plus vite que les fonds propres bancaires. Les engagements extérieurs ont suivi la demande des opérateurs, mais la capitalisation du système n’a pas augmenté au même rythme. Résultat : le régulateur réduit l’exposition autorisée avant que le risque ne se concentre davantage.

La contrainte ne frappera pas toutes les banques de la même manière. Les banques publiques, plus capitalisées et dominantes dans le système, disposent encore d’une marge. Elles financent les grands groupes publics et les projets structurants, avec des ratios historiquement plus confortables. Les banques privées sont plus exposées. Leur modèle repose largement sur le trade finance pour le secteur privé importateur. Une banque disposant de 20 milliards de dinars de fonds propres voit ainsi sa capacité théorique d’émission tomber de 20 à 10 milliards de dinars.

Le « mur du stock existant »

Le choc est immédiat. Les encours existants — lettres de crédit non réalisées, remises documentaires à terme, garanties en cours — peuvent déjà saturer le nouveau plafond. Dans ce cas, la banque devra geler les nouvelles opérations jusqu’à apurement. HM Consulting parle d’un « mur du stock existant ».

Le risque principal se déplacera vers les entreprises. Pour continuer à ouvrir des engagements sans dépasser le ratio, les banques pourront exiger davantage de dépôts de garantie en dinars. Le document qualifie cette voie de « véritable parade systémique ». Mais elle a un coût : elle immobilise la trésorerie des importateurs. La réforme ne bloque donc pas nécessairement l’importation. Elle peut la rendre plus chère, plus lente et plus consommatrice de cash.

Le verrou de la banque unique

La tension sera aggravée par la règle dite de la banque unique, qui oblige les importateurs à domicilier leurs opérations auprès d’un seul établissement via le programme prévisionnel d’importation. Si cette banque atteint son plafond, l’opérateur ne pourra pas facilement se tourner vers une autre. Il peut se retrouver empêché d’importer non faute de liquidités propres, mais parce que sa banque n’a plus de capacité réglementaire.

La note compare l’Algérie à plusieurs pays émergents ayant durci les règles de financement du commerce extérieur. En Égypte, au Nigeria, en Argentine ou au Pakistan, ces restrictions ont souvent provoqué blocages portuaires, dette commerciale, inflation importée ou ruptures d’approvisionnement. Le parallèle n’est pas parfait, mais l’avertissement est clair : un outil prudentiel peut vite toucher l’économie réelle.

Les pistes d’adaptation évoquées

HM Consulting évoque plusieurs pistes d’adaptation : syndication des grosses opérations entre plusieurs banques, recours accru aux contre-garanties internationales, dépôts de garantie et, à plus long terme, intégration à des systèmes de compensation multilatéraux.

Le point décisif sera l’application. Si la Banque d’Algérie cherche à discipliner les engagements extérieurs, elle devra éviter de transformer une règle bancaire en goulot d’étranglement industriel. Selon la lecture de HM Consulting, une économie encore dépendante de certains intrants importés pourrait voir sa chaîne d’approvisionnement ralentie par l’asphyxie de son financement.