Le tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger, a condamné ce lundi Khamer Abderrahmane et Blila Sami El Mahdi à sept ans de prison ferme dans l’affaire de la profanation du drapeau national lors d’une fête organisée dans un hôtel de la capitale.
Les deux hommes ont été présentés devant le parquet par la brigade de cybercriminalité de la police, après l’exploitation des images diffusées sur les réseaux sociaux. La condamnation a été prononcée sur la base de l’article 160 bis du code pénal, qui réprime la profanation volontaire et publique de l’emblème national.
Selon le procureur de la République près le tribunal de Bir Mourad Raïs, qui s’est exprimé lors d’une conférence de presse, Khamer Abderrahmane a piétiné le drapeau national. Le geste, a précisé le parquet, a été documenté à la fois par les téléphones des personnes présentes et par les caméras de surveillance de l’hôtel. Blila Sami El Mahdi a, lui, filmé la scène et publié les images sur TikTok.
L’affaire avait éclaté après la circulation d’une vidéo tournée lors d’une soirée au Legacy Luxury Hotel de Hydra. La séquence montrait le drapeau algérien posé au sol, dans un espace de passage, puis foulé aux pieds. Le parquet a présenté la fête comme une rencontre liée à des tours compétitifs entre utilisateurs de l’application TikTok.
Fermeture de l’hôtel avant la condamnation
La réaction des autorités a été rapide. Avant le volet pénal, l’établissement hôtelier avait fait l’objet d’une fermeture immédiate et du retrait de son autorisation d’exploitation, après la diffusion des images et l’indignation provoquée par la scène.
En quelques jours, l’affaire est passée d’une vidéo virale à une sanction administrative, puis à une condamnation lourde. Le dossier marque la volonté des autorités de traiter l’atteinte aux symboles nationaux comme une infraction grave, y compris lorsqu’elle naît dans un cadre festif et circule d’abord sur les réseaux sociaux.
Il dit aussi le rôle central pris par l’image dans ce type de procédure. Dans cette affaire, la vidéo n’a pas seulement déclenché le scandale. Elle a servi de trace, de preuve et d’accélérateur judiciaire. Le geste a coûté sept ans de prison. Sa diffusion aussi.