La Banque d’Algérie veut sortir le crédit à la consommation de sa marginalité. Dans une note datée du 10 août, elle demande aux banques et établissements financiers « d’intensifier leurs efforts » pour élargir l’accès des ménages à ce type de financement, réintroduit en 2015 après avoir été interrompu en 2009.
Le message ne relève pas de la simple recommandation commerciale. Les établissements sont « tenus » de développer leurs offres, d’en améliorer l’accessibilité et d’assurer un traitement plus rapide des demandes, notamment par les canaux digitaux. La Banque d’Algérie leur demande de mobiliser les moyens nécessaires et d’appliquer la note « sans délai » dans l’ensemble de leurs réseaux.
Un cadre inchangé depuis 2015
L’institution ne modifie toutefois pas les règles du jeu. Le crédit reste exclusivement destiné à l’acquisition de biens produits ou assemblés en Algérie. Elle ne crée ni nouveau produit, ni bonification de taux, ni garantie publique. Elle pousse simplement les banques à utiliser davantage un dispositif jusque-là peu visible dans leurs portefeuilles.
L’enjeu dépasse le financement des ménages. En facilitant l’achat à crédit d’électroménager, de mobilier, de matériel informatique ou d’autres biens fabriqués localement, la Banque d’Algérie cherche aussi à soutenir la demande adressée aux producteurs algériens. Le crédit devient ainsi un outil indirect de politique industrielle : les banques financent les ménages, qui financent à leur tour les ventes des entreprises locales.
La solvabilité reste le verrou
La limite du dispositif reste cependant la solvabilité des emprunteurs. Une offre plus large ne signifie pas nécessairement un accès massif au crédit pour des ménages aux revenus modestes, irréguliers ou difficiles à documenter. Les banques resteront tenues de mesurer le risque et de sélectionner leurs clients.
La note du 10 août ne libéralise donc pas le crédit à la consommation. Elle change surtout le ton. Dix ans après la mise en place du dispositif, la Banque d’Algérie ne demande plus seulement aux banques de pouvoir financer les achats des ménages. Elle leur demande désormais de le faire réellement, plus vite et à plus grande échelle.