Sonatrach et l’Algerian Fertilizers Company (AFC) ont signé mercredi 12 août avec Saipem et China Harbour Engineering Company (CHEC) deux contrats couvrant les installations minières et de production d’engrais dans l’Est du pays ainsi que les infrastructures portuaires d’Annaba. Sonatrach les présente comme des contrats d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction, ou EPC.
À Bled El Hadba, près de Bir El Ater, le projet prévoit l’extraction de 5,5 millions de tonnes de phosphate brut par an pour produire 3,2 millions de tonnes de concentré. À Oued El Keberit, dans la wilaya de Souk Ahras, les futures installations doivent produire 2,4 millions de tonnes d’engrais phosphatés et 570 000 tonnes d’urée par an. Des unités fabriqueront également de l’acide sulfurique, de l’acide phosphorique et de l’ammoniac. L’objectif est de transformer sur place le phosphate et le gaz naturel avant d’écouler la production sur le marché national et à l’exportation.
Saipem annonce 500 millions d’euros, mais pas encore le contrat complet
Saipem a toutefois apporté mercredi une précision importante sur la portée de la signature. Le groupe italien indique avoir conclu avec Sonatrach une Limited Notice to Proceed, une autorisation de commencer certains travaux, d’une valeur d’environ 500 millions d’euros. Cette enveloppe couvre notamment l’ingénierie détaillée, la commande des équipements nécessitant de longs délais de fabrication et la mobilisation du projet.
Le montant ne représente donc pas encore le coût total du marché attribué à Saipem. L’entreprise précise que « le contrat EPC complet » reste en cours de négociation et de finalisation. Elle avait remporté en juin 2025 l’étude d’ingénierie préalable dans le cadre d’une compétition entre deux solutions techniques, Sonatrach devant ensuite retenir la plus avantageuse avant de passer à l’exécution.
CHEC prend de son côté le volet portuaire à Annaba. L’entreprise chinoise avait annoncé dès fin juillet avoir remporté ce marché EPC, prévu sur 36 mois. Les installations doivent renforcer la manutention du phosphate et des vracs et assurer le débouché maritime de la nouvelle filière. Ni l’annonce chinoise ni le communiqué publié mercredi par Sonatrach ne donnent toutefois la valeur de ce contrat.
Transformer le phosphate en engrais
L’investissement relie ainsi trois maillons jusque-là séparés. Le phosphate sera extrait et enrichi à Bled El Hadba, transformé en engrais à Oued El Keberit puis acheminé vers Annaba pour l’exportation. Sonatrach veut ainsi répondre aux besoins agricoles nationaux tout en générant des volumes exportables et davantage de « valeur ajoutée ».
Deux chiffres essentiels restent néanmoins à connaître. Les 500 millions d’euros annoncés par Saipem ne sont qu’une première enveloppe et le prix du contrat portuaire de CHEC n’est toujours pas public. Leur publication permettra de mesurer le coût réel de cette première phase du projet intégré de phosphate.