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Oran : 228 kg de cocaïne, 20 suspects en détention et la peine de mort encourue


Un camion porte-voitures, 228 kg de cocaïne dissimulés dans des cavités du châssis, 46 véhicules saisis et un volet blanchiment qui passerait par des agences de vente de voitures. La Sûreté nationale a livré de nouveaux détails sur l’affaire de cocaïne révélée cette semaine à Oran. Elle affirme que la cargaison venait du Maroc et que le réseau démantelé était dirigé par des « barons » opérant depuis ce pays.

L’affaire débute le 25 août. Sur la base d’informations, le 20e arrondissement de sûreté urbaine d’El Barki intercepte à Oran un camion transportant 228 kg de cocaïne. Son conducteur, Nouri Abdelmoujib Tahar, 28 ans, parvient à prendre la fuite, précise le communiqué du procureur de la République près le pôle pénal spécialisé d’Oran. La BRI poursuit les investigations et remonte jusqu’à vingt personnes. Le conducteur recherché ne figure pas parmi elles.

Selon la Sûreté nationale, la cargaison avait été acheminée du sud-ouest du pays vers Oran. L’enquête a également permis, selon la police, de mettre au jour un dispositif de blanchiment des revenus du trafic sous couvert d’agences de vente de voitures. Les policiers annoncent la saisie de 46 véhicules, de 812 millions de centimes, soit 8,12 millions de dinars, ainsi que de sommes en euros, en dirhams marocains et en dirhams émiratis, dont les montants n’ont pas été précisés. Parmi les vingt personnes arrêtées figurent trois femmes et un ressortissant marocain.

Le parquet publie les noms et photographies

Le parquet a fait un choix inhabituel en joignant à son communiqué une annexe comprenant les photographies, les noms et les âges des vingt mis en cause. Il s’agit de Marouane Nouri (54 ans), Fatima Nouri (33 ans), Abdelkaddous Nouri (26 ans), Mustapha Lemlima (58 ans), Mohamed Ouadjnia (47 ans), Miftah Brahmi (47 ans), Houari Assmoun (47 ans), Nabil Chaïb Draa (42 ans), Hocine Younsi (42 ans), Azzouz Mahyouti (40 ans), Youcef Younsi (39 ans), Ahmed Bekhloufi (32 ans), Kada Lakhnachi (39 ans), Redouane Djilali (39 ans), Houari Mediouni (35 ans), Zakaria Mouri (35 ans), Samir Touati (35 ans), Zoubida Douaidi (32 ans), Chahrazad Hamdaoui (27 ans) et Ayoub Kehal Nasrallah (26 ans).

Présentés le 3 septembre devant le parquet, ils sont poursuivis pour importation illicite et trafic de stupéfiants en bande organisée, avec les circonstances aggravantes de groupe criminel organisé transnational et de risque de préjudice grave à la santé publique. S’y ajoutent la contrebande constituant une grave menace pour la santé publique et le blanchiment de capitaux dans le cadre d’une organisation criminelle. Le juge d’instruction les a placés en détention provisoire.

Les qualifications retenues les exposent aux peines les plus lourdes du droit algérien. La loi de 2004 punit le trafic de stupéfiants de 10 à 20 ans de prison et de 5 à 50 millions de dinars d’amende, la peine étant portée à la réclusion perpétuelle lorsque les faits sont commis en bande organisée. L’importation illicite de stupéfiants est également punie de la perpétuité.

Des poursuites passibles de la peine capitale

La loi 25-03 du 1er juillet 2025 a encore durci le dispositif. Son article 21 bis 2 prévoit la peine de mort lorsque ces infractions sont susceptibles de causer un grave préjudice à la santé publique ou sont commises par un groupe criminel organisé transnational, soit les deux circonstances citées par le parquet d’Oran. La contrebande menaçant la santé publique est punie de la réclusion perpétuelle, tandis que le blanchiment aggravé au sein d’une organisation criminelle est passible de 10 à 20 ans de prison et de 4 à 8 millions de dinars d’amende. L’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993.

L’affaire intervient au lendemain d’un durcissement annoncé contre le narcotrafic. Réuni le 2 septembre sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, le Haut Conseil de sécurité a décidé de créer un organisme sécuritaire spécialisé dans la lutte antidrogue et de transformer une caserne de l’ANP située dans le désert de Tanezrouft en prison de haute sécurité destinée aux narcotrafiquants. Cette décision a été annoncée la veille de la présentation devant la justice des vingt suspects de l’affaire d’Oran.