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Train vers Tamanrasset : Tebboune ordonne une deuxième fois le lancement immédiat des travaux


À deux semaines d’intervalle, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné à deux reprises le lancement immédiat du même projet ferroviaire. Réuni dimanche 18 octobre, le Conseil des ministres a demandé le démarrage des travaux de la ligne Laghouat–El Menia–In Salah–Tamanrasset, cette fois à partir de Tamanrasset. Une instruction presque identique avait déjà été donnée le 4 octobre.

Lors de cette précédente réunion, Tebboune avait érigé les tronçons Laghouat–El Menia–In Salah–Tamanrasset en « priorité absolue » du secteur des travaux publics. Il avait ordonné leur lancement immédiat et exigé une accélération des travaux afin de permettre la réception de l’ensemble du projet avant la fin de 2028.

Quatorze jours plus tard, le chef de l’État réitère donc son instruction, en précisant cette fois que les travaux doivent commencer à partir de Tamanrasset. Le communiqué ne donne aucune explication sur la nécessité de renouveler cet ordre ni sur les opérations effectivement engagées depuis le 4 octobre.

L’échéance de fin 2028 avait pourtant été annoncée dès le 19 avril. Tebboune avait alors affirmé que la ligne ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset, en passant par Laghouat, Ghardaïa, El Menia et In Salah, entrerait en service à cette date.

Depuis, les réunions consacrées aux préparatifs se sont multipliées.

Des mois de préparatifs avant deux ordres de lancement

Le 27 avril, le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, avait demandé de lever les obstacles susceptibles de retarder le lancement effectif du projet.

Le 22 septembre, une nouvelle réunion ministérielle avait permis d’examiner l’état de préparation des chantiers. Les discussions portaient notamment sur la section Laghouat–Ghardaïa–El Menia, longue de 495 kilomètres, ainsi que sur les tronçons El Menia–Point kilométrique 216 et Tamanrasset–Moulay Lahcene, ce dernier s’étendant sur 213 kilomètres.

Les responsables de l’ANESRIF, plusieurs entreprises publiques de réalisation et des bureaux d’études avaient été réunis pour examiner la mobilisation des moyens humains et matériels et les procédures restant à finaliser.

Le 1er octobre, trois jours avant la première instruction présidentielle de lancement immédiat, Djellaoui présidait encore une réunion consacrée aux préparatifs. Le ministère évoquait alors la nécessité d’accélérer l’installation des chantiers, la mobilisation des équipements et l’achèvement des procédures administratives.

Le Conseil des ministres du 4 octobre avait également examiné l’accord de financement de la Banque africaine de développement relatif au tronçon El Menia–Tamanrasset.

Fin 2028 reste l’échéance officielle

La succession de ces annonces ne permet pas de connaître l’état réel des travaux. Les communiqués officiels détaillent les réunions, les instructions et les préparatifs, mais ne fournissent aucun bilan global des réalisations physiques ni de calendrier de livraison par tronçon.

L’instruction du 18 octobre ne s’accompagne pas davantage d’informations sur les moyens nouvellement mobilisés ou les travaux qui auraient déjà commencé.

Depuis avril, l’objectif affiché reste inchangé : permettre aux voyageurs de rejoindre Tamanrasset par le train avant la fin de l’année 2028.

À un peu plus de deux ans de cette échéance, le président continue pourtant d’ordonner le lancement immédiat d’un chantier dont il avait déjà exigé le démarrage deux semaines auparavant.