Le dimanche 25 octobre 2026, les deux chambres du Parlement, le Conseil de la nation (Sénat) et l’Assemblée populaire nationale (APN), ont organisé, chacune de son côté, une séance plénière pour voter l’envoi d’unités de l’Armée nationale populaire (ANP) au Niger. Des séances à huis clos, à l’abri des projecteurs et des caméras, pour un vote sans véritable débat, jugé expéditif.
Au Conseil de la nation, tous les sénateurs n’ont pas eu droit à la parole. Même situation à l’Assemblée populaire nationale, où seuls les présidents des groupes parlementaires ont pu s’exprimer. « Une situation sans précédent depuis 1997 », déplore le PT, dont les députés se sont abstenus lors du vote.
Dans un communiqué diffusé mardi, au lendemain de l’annonce par la présidence de la République de l’envoi d’unités de l’ANP au Niger, le PT retrace la chronologie des événements qui ont précédé le vote et conteste les conditions dans lesquelles celui-ci a été organisé.
Une convocation sans ordre du jour
Tout commence le jeudi 22 octobre, avec une convocation en urgence adressée aux députés. Une convocation sans objet ni ordre du jour et sans aucun document permettant aux parlementaires de prendre connaissance du dossier et de se préparer, souligne le parti de Louisa Hanoune. Ce n’est que le lendemain, vendredi 23 octobre, que la direction du PT est officiellement informée de l’objet de la séance programmée pour dimanche, par un conseiller de la présidente de l’APN.
Le même jour, ajoute le PT, le parti prend connaissance d’un document de trois pages émanant du ministère des Affaires étrangères. Le texte expose les motifs de l’autorisation sollicitée auprès du Parlement. Il évoque, précise le PT, la possibilité pour l’ANP de participer à des opérations de maintien de la paix dans le cadre de l’ONU, de l’Union africaine (UA) et de la Ligue arabe, ainsi que la défense de la sécurité nationale et des intérêts stratégiques du pays au Sahel.
Le jour du vote, dimanche 25 octobre, la séance plénière à l’APN se résume à une présentation du ministre des Affaires étrangères au nom du chef de l’État, aux interventions des seuls présidents de groupes parlementaires, puis au vote. « Aucun projet de motion ou de résolution n’a été soumis aux députés », souligne le PT. Les parlementaires ont été invités à se prononcer sur une autorisation portant « exclusivement sur le Niger ».
Le Parti des travailleurs justifie son abstention par l’absence de débat et d’informations suffisantes pour mesurer la portée de la décision. Il estime qu’une question d’une telle sensibilité, engageant l’ensemble de la nation, exigeait un examen plus approfondi avant tout vote.