Alliance Assurances a clôturé l’exercice 2025 sur une hausse de son chiffre d’affaires et de son bénéfice net, tout en utilisant son assemblée générale ordinaire pour défendre une modernisation plus large du marché algérien des assurances.
La compagnie privée, cotée à la Bourse d’Alger, a annoncé un chiffre d’affaires de 6,777 milliards de dinars en 2025, contre 6,258 milliards en 2024, soit une progression de 8,3 %. Son résultat net a augmenté plus vite, à 611,4 millions de dinars, en hausse de 16,2 % sur un an. Les actionnaires, réunis le 4 juin à Alger sous la présidence de Hassen Khelifati, ont approuvé l’ensemble des résolutions proposées par le conseil d’administration.
La société distribuera un dividende de 26 dinars par action, pour chacune des 13,93 millions d’actions composant son capital. Alliance Assurances évalue le rendement net à 8,33 % par rapport au cours actuel du titre. Le versement doit intervenir au plus tard le 30 septembre 2026.
Une croissance portée par l’automobile
Alliance Assurances veut d’abord démontrer que son modèle reste en croissance. La compagnie revendique un taux annuel moyen de progression de 8,9 % entre 2021 et 2025. La branche automobile, moteur traditionnel du secteur, a franchi pour la première fois le seuil de 5 milliards de dinars de chiffre d’affaires.
Mais l’entreprise cherche aussi à installer l’idée d’une solidité financière supérieure aux exigences réglementaires. Son taux de couverture de la marge de solvabilité atteint 512 %, soit plus de cinq fois le minimum requis. Le communiqué lie cette position à l’augmentation de capital réalisée en 2025, qui a porté le capital social à 5,294 milliards de dinars, ainsi qu’à la hausse des provisions réglementées. Le rendement des fonds propres ressort à 10 %, contre 9 % en 2024.
Alliance Assurances pousse un discours de réforme
Ces chiffres donnent à Alliance Assurances un levier dans le débat sectoriel. La compagnie ne se contente pas de publier ses comptes. Elle se présente comme un acteur de réforme dans un marché qu’elle juge encore sous-développé au regard de son rôle naturel dans la protection des entreprises, des patrimoines et des investissements.
Le texte insiste sur la nécessité d’un redressement graduel du secteur, fondé sur une régulation renforcée, une meilleure discipline économique, une concurrence plus saine et une amélioration des équilibres techniques. Alliance Assurances dit avoir contribué, au sein de l’Union algérienne des sociétés d’assurance et de réassurance et du Conseil national des assurances, à des documents de travail transmis aux parties prenantes, dont le ministère des Finances et la Commission de supervision des assurances.
Paiement électronique et souscription à distance
La compagnie avance aussi sur un autre terrain : la transformation numérique. Elle dit poursuivre le déploiement d’outils destinés aux particuliers, aux entreprises, aux agences et aux équipes commerciales, avec l’objectif d’accélérer la souscription, de fluidifier le suivi des contrats et d’améliorer le pilotage du réseau. Elle affirme également intégrer progressivement l’intelligence artificielle dans l’accueil client, le traitement des réclamations, l’orientation des demandes et l’aide à la décision.
Alliance Assurances travaille enfin au développement du paiement électronique, de la souscription à distance et du paiement fractionné, notamment pour rendre certains produits plus accessibles aux particuliers et aux petites entreprises.
La branche automobile, qui dépasse 5 milliards de dinars de chiffre d’affaires, reste au cœur de cette performance. Alliance Assurances affiche ainsi une croissance solide, mais encore adossée à un segment qui structure l’essentiel du marché algérien de l’assurance dommages.